Bimini

Les voiliers ne s’attardent habituellement pas ici.

C’est le royaume des bateaux à moteur, des pêcheurs, des mega-yatchs et des riches touristes blancs venus passer 2 ou 3 jours au Hilton grâce au Ferry super-rapide à partir de Fort Lauderdale ou Miami. Le nord de l’ile est en effet occupé par un méga resort et une banlieue préfabriquée avec piscine « infinie » et gazon arrosé à l’eau désalée à grand coup de filtre à osmose.

Nous sommes d’ailleurs présentement ancrés au beau milieu d’une prochaine zone de développement où les petites maisons toutes pareilles pousseront bientôt.

Nouvel ancrage… on se croirait dans une carrière! C’est probablement un prochain développement avec quais et petites maisons pareilles. Au moins, il y a des sternes

Le Hilton. Entouré de bateaux de course : nous sommes arrivés juste à temps pour les voir tous arriver sur l’ile. C’était le Power Boat Grand Prix. Non, nous n’avons pas participé à l’événement.

Nous avons parlé de ce nouveau développement à un Bahamien, qui était venu visiter ses parents par un vol de 22 minutes directement de Miami. « Tout le monde veut déménager là! Ils ne se rendent pas compte qu’ils sont déjà au paradis et que les gens paient pour venir en vacances ici!» En effet, sa maison donne directement sur l’océan, la plage et l’eau turquoise, directement dans sa cour. Dans sa cour, il y a aussi des déchets, un autre fait qu’il déplore : «  Ils sont au paradis mais n’en prennent pas soin. » J’ai d’ailleurs l’impression qu’il est sorti faire le ménage de « sa cour » quand il nous a vu sur la plage à la hauteur de sa maison.

Selon lui, le développement n’apporte pas que du bon. « C’était notre terrain de jeu. J’allais pêcher là avec mes amis. »  Ils ont creusé un canal assez profond pour les bateaux mais, avant la construction, ils pouvaient marcher de ce côté dans la baie pour aller chercher les Queen Conch pour le souper de toute la famille, une delicacy typiquement bahaméenne. C’était l’endroit sécuritaire de l’ile qui est maintenant habité par les requins et un courant super fort qui empêchent la baignade. Pour la pêche de ce côté-ci de l’ile, pas le choix : il faut maintenant un bateau.

Inutile de dire que l’écosystème en est aussi perturbé.

L’économie de l’ile se porte probablement mieux par contre. Du travail pour tous. Je me trompe peut-être mais mon petit doigt me dit que les profits ne vont pas dans les poches des locaux…

Malgré tous nos jugements négatifs envers le resort, nous étions tout de même attirés par la piscine « infinie » : se baigner dans l’eau douce tout en ayant  une belle vue sur l’océan, l’idée reste intéressante! Mais voilà qu’on se fait rabrouer par l’agent de sécurité. Nous ne pouvons pas passer, il remarque que nous n’avons pas le petit bracelet du resort au bras. Contrairement à son collègue de la veille qui n’avait pas levé les yeux de son téléphone lorsque nous avons visité cette partie de l’ile (mais en soirée et sans nos costumes de bain… nous regrettions d’ailleurs de ne pas les avoir apporté à ce moment-là).
Bah tant pis. Comme Léo l’a lui-même dit : l’eau est aussi belle dans l’océan de toute façon.

(Et puis je suis bien contente que l’agent de sécurité de la marina fasse un peu moins bien son travail : nous avons pu aller nous doucher là! Une bonne douche… même si les portes ne se verrouillaient pas et qu’il n’y avait pas d’eau chaude 😉 )

Bref, inutile de vous dire que ce n’est pas ce que nous recherchions en traversant le Gulf Stream.

Les voiliers ne sont ici que quelques jours habituellement, de passage, en attendant qu’une belle fenêtre météo se présente pour aller plus vers l’est. Deux voiliers français sont arrivés hier en fin d’après-midi et, ce matin, ils repartaient aux premières heures! Ça nous a donné un choc de les voir repartir aussi vite. Nous n’avons même pas pu leur dire bonjour. Et l’occasion était belle pour parler notre langue avec d’autres personnes, ce qui est plutôt rare ces derniers temps.

Qu’est-ce qu’on fait encore ici alors vous demandez-vous peut-être?

Nous étions terriblement fatigués en arrivant ici alors nous nous étions dit que nous nous posions un temps avant de repartir. En plus, nos premiers jours sur l’ile n’ont pas été de tout repos : nous étions dans un ancrage près de la ville de Alice Town avec un fort courant alors Alex a mal dormi s’inquiétant à savoir si nos ancres allaient tenir bon… ou non! Elles ont tenu bon mais le but repos n’étant pas atteint, nous avons changé d’ancrage et décidé de rester quelques nuits de plus. Le vent continuait à souffler fort de l’est de toute façon alors ce n’était pas le bon moment pour tenter une traversée vers l’est.

Hé oui! Il faut encore faire une traversée. Plus longue que celle sur le Gulf Stream en plus. Cette fois, c’est le Great Bahama Bank qu’il faudra traverser. Une étendue d’eau peu profonde et très claire, à ce qu’on dit.

Notre deuxième ancrage dans l’ile de Bimini se trouve donc près du Resort, dans le nord de l’ile. Un ancrage beaucoup plus calme (malgré le vent qui a soufflé très fort lors de notre première semaine ici) mais assez loin des parties intéressantes de l’ile! Malgré le bruit de la ville (et les déchets omni-présents… mais ça c’est une autre histoire 😉 ), je préférais être près de Alice Town et des vrais bahamiens. C’est à 2 miles nautiques d’ici. Ce n’est pas siiiii loin mais 2 miles nautiques dans un canal où le courant est fort et les vagues assez hautes dans notre petit dinghy, je n’aime pas tellement ça.

Nous étions ancrés là près de la marina Bimini Big Game Club (Zenroots est le voilier que l’on voit au milieu de nul part!) près du canal dans la baie de l’ile. Une promenade en dinghy de 3-4 minutes et on se trouvait à la ville. Les enfants en profitaient à chaque fois pour observer les poissons et coquillages dans l’eau claire.

Heureusement, une fois notre dinghy bien attaché à un quai, une petite marche nous donne accès à de belles plages peu importe où nous sommes sur l’ile. Il y a de petits rochers ici et là où se dissimulent des poissons. Pas beaucoup comme ce qui nous attend plus à l’est (dans les Exumas et les coraux!) mais c’est un bon début pour nous habituer au snorkelling avec les enfants : un début tranquille, une première étape. Il y a de petits poissons noirs, des plus gros gris et jaune, des blancs dont un tout petit bébé qui suit apparemment sa maman! Des bancs de mini poissons colorés qui nous encerclent littéralement avec frénésie. De petits raies « yellow stingray » qui se camouflent bien dans les rochers puisqu’elles peuvent changer un peu de couleur.

De quoi nous amuser!

Snorkelling!

La plage au village avec des pins tout autour. Et quelques cocotiers.

Une autre plage plus près de notre nouvelle ancrage. Les arbres coupés nous font croire que c’est aussi un site pour une future construction mais bon…  pour le moment, la cloture reste ouverte alors nous en profitons. Et je préfère cette plage à celle où se rendent les invités du Hilton avec Beach club, serviettes, chaises longues et parasols bien agencés 😉 Des plans pour qu’on se fasse rabrouer aussi… nous ne portons pas le petit bracelet magique au bras.

Un peu de pêche aussi. Pas beaucoup de succès mais Alex a attrapé un Grunt (petit poisson gris et jaune avec des rayures bleues) près de la marina où nous étions ancrés dans les premiers jours et un crabe bleu qui s’est accroché à notre profondimètre!

De quoi nous régaler! Au moins pour quelques bouchées chacun.

Mais il y a trois jours, le vent s’est calmé. Les vagues sur le grand banc aussi à en croire les bulletins météo. J’étais prête!

« Let’s go Alex, on part! On va remplir nos réservoirs d’essence et nos bidons d’eau! » Il préférait terminer quelques trucs sur le bateau. Ok, pas de problème, ce sera encore mieux mercredi de toute façon!

Mercredi arrive… ainsi que des plaques rouges sur tout mon corps. 🙁

Réaction allergique? Réaction à un trop plein de soleil? Je ne sais pas mais aujourd’hui à mon réveil, elles sont encore bien présentes. Ça me gratte un peu mais ce n’est pas douloureux. On attend donc que ça parte avant de lever l’ancre. Juste pour être sûrs.

En attendant, pas trop de plage pour moi! Dommage, je m’amusais bien avec les poissons.

Un bon point pour notre timing : le bateau arrive aujourd’hui pour regarnir les tablettes de l’épicerie. Nous irons voir tantôt en ville ce que ça donne lorsque la petite épicerie (plus petite que le dépanneur au coin de votre rue) est bien garnie de fruits et légumes frais. Chers mais frais!

À suivre!

6 réflexions sur “Bimini

    • Vraiment belles plages! Et ça l’air qu’on a encore rien vu 😛
      Merci pour tes bons mots. Ça devrait partir vite… mais si c’est le soleil, je vais devoir prendre l’habitude de me couvrir ou de me crémer!

    • Merci maman! Ma peau est mieux et je me suis achetée une autre sorte de crème solaire : 50! Je n’aime pas trop mettre ça mais, si c’est bien le soleil qui me donne ces rougeurs, je n’ai pas trop le choix.

Laisser un commentaire