Boquete, Panama

Pour renouveler notre visa touristique du Costa Rica d’une durée de trois mois, nous devions nous absenter du pays en novembre dernier. Le choix logique était le Panama dans notre cas puisque nous sommes à une heure en voiture de la frontière à Paso Canoas. Super pratique!

On aurait pu s’absenter que pour quelques heures. Même qu’une dame nous disait d’aller chercher nos étampes de sortie du Costa Rica et d’entrée du Panama et de revenir tout de même à notre « chez nous » temporaire à Pavones (au Costa Rica donc même si nous aurions été censés être au Panama) pour quelques jours puis de revenir ensuite à la frontière pour reprendre nos étampes mais cette fois à l’inverse : sortie du Panama, entrée au Costa Rica. Je n’en revenais pas qu’elle me suggère ça! « Tout le monde fait ça! » qu’elle me répond! Hé ben…

C’est vrai que la frontière à Paso Canoas est une vraie passoire. En magasinant dans cette ville, ton téléphone capote parce que tu passes du Panama au Costa Rica sans arrêt : il avance l’heure pour être à l’heure du Panama puis il la recule à nouveau pour le Costa Rica, aussi, il se met en mode « roaming » on and off. Même au sein d’un magasin : dans un département tu es au Costa Rica et dans l’autre, au Panama. (Non j’exagère, mais t’sé, ça illustre bien.) J’étais déjà allée deux fois dans cette ville pour du magasinage et, sans passer le poste frontalier, j’étais allée au Panama et j’avais reçu des Balboa en change!

Mais bon, malgré les options moins complexes qui auraient pu être envisageables pour renouveler notre visa, j’avais envie de voyager un brin pour quelques jours au moins (et de rester dans les limites de ce qui est légal)! Ça adonnait bien en plus, une famille québécoise était justement sur place sur notre home-sit pour nous relayer. Merci Youri, Nathalie, Ulysse et Violette! 🙂

Nous avons donc choisi de découvrir Boquete au Panama, dans les montagnes pour un peu de fraîcheur. Ça fera changement qu’on s’est dit!
(voir l’itinéraire de notre 3e année de nomades pour savoir où ça se trouve!)

Le passage aux deux frontières n’a pas été de tout repos. On doit payer la taxe de sortie du Costa Rica (environ 8$ US par personne), puis faire la file pour faire étamper nos passeports par les douaniers costariciens… ce que j’avais oublié dans les étapes à faire alors on s’est rendu trop vite à la douane panaméenne, on a donc dû rebrousser chemin avec tous nos bagages dans la folie des camions et du traffic entre les deux postes frontaliers après s’être faits dire que ces fameuses étampes étaient manquantes… GRRRRR!!!!! Une fois nos passeports étampés, on retourne du côté du Panama pour découvrir que non pas un mais deux autobus plein de touristes étaient arrivés entre temps et qu’une file interminable s’étendait maintenant devant nous. Re-GRRRRR!!! Je me dirige vers un gars pour lui demander s’il n’y a pas un guichet où on pourrait passer plus vite… il me dit qu’il peut nous aider mais me demande d’abord si j’ai mes billets pour sortir du Panama ensuite. « euh??? » Vous savez, la fameuse preuve de sortie du pays? Je savais que le Costa Rica l’exigeait et j’avais préparé une belle preuve à cet effet : pour prouver qu’on allait bel et bien sortir du Costa Rica après un autre 3 mois, mais je ne savais pas que je devais aussi fournir la même preuve pour le Panama! Je crois finalement que c’était un bobard mais il nous a tout de même fait acheter des billets d’autobus pour prouver que nous allions bel et bien sortir du Panama, alors on retourne ENCORE du côté Costa Rica pour acheter les fameux billets d’autobus. Puis, on revient au poste frontalier pour la troisième fois et, au moins, il nous fait passer devant tout le monde puisque de toute façon, la douanière avait déjà commencé l’étude de nos passeports et était en « attente » de nos passeports étampés. Finalement, on aurait même pas eu besoin de lui mais bon… c’est l’expérience de passer des frontières terrestres qui rentre et je lui ai négocié son « aide » pour 10$!

Du côté Panama, nous avons été agréablement surpris par la facilité de trouver du transport. Les autobus partent à toutes les 10-15 minutes vers David. Puis, de cette ville, on a pu attraper un autobus presque immédiatement vers Boquete. Facile et abordable!

Au Panama, la monnaie s’appelle Balboa. Je choisis bien mes mots : monnaie. Les balboas n’ont que des sous, 1 balboa = 1 $ US. Après, pour les plus grosses coupures, ils utilisent l’argent américain. Un panaméen m’a dit que le pays est trop pauvre pour imprimer son propre argent mais bon, je crois que la raison est différente : c’est quand même plus pratique pour tous les touristes, pour les compagnies aussi qui veulent y faire des affaires ou faire simplement traverser un bateau dans le canal du Panama! Le Panama utilise le dollar américain depuis le début du 20e siècle.

Au Panama, les taxis officiels sont jaunes, tandis qu’au Costa Rica ils sont rouges. On voit le volcan Baru à l’arrière et les nuages à Boquete.

Un passage en autobus coûte parfois aussi peu que 1 balboa par personne. Mais ce n’est pas tant le coût qui nous a ravi mais bien la disponibilité. Les autobus sont fréquents et il y a aussi beaucoup de taxis qui circulent sur les circuits les plus en demande. Les taxis sont collectifs : s’il reste de la place dans le vôtre, il se peut bien que vous le partagiez. J’adore ce principe! Disons que ça fait différent de notre expérience transport dans le fin fond du Costa Rica où se déplacer sans voiture est un véritable défi.

Nous avons bien aimé être dans les montagnes. C’était différent avec la brume omniprésente, on se sentait dans les nuages. La saison des pluies bat son plein dans les montagnes en novembre. Les gens trouvent ça frais… tous en pantalons longs. J’en ai même vu avec des tuques! Mais bon, avec un minimum de 18 degrés, on a gardé nos sandales, nous!

Le matin tôt, les nuages se dégageant un peu durant la nuit, nous avons pu apercevoir le volcan Baru au loin. J’aurais bien aimé aller y faire une expédition mais ça prend des heures à le monter alors, on a annulé le projet!

Nous sommes plutôt allés marcher moins en altitude dans un coin perdu où la chaleur du volcan se rend par le sol : des sources thermales! C’était toute une épopée pour s’y rendre! La boue était en rendez-vous, nous devions bien choisir où on mettait les pieds, et il a fallu demander gentiment à des chèvres de nous céder le passage à un « pont »!

La randonnée valait la peine : l’eau était chaude, comme promis! Trop chaude même dans un des deux bassins. Même l’eau de la rivière était chaude. C’est différent de l’eau des lacs du Québec ou même de la rivière où on se baigne au Costa Rica qui nous arrive bien fraîche grâce à l’air des montagnes.

Puis on revient par le looooong pont suspendu où notre taxi a préféré ne pas passer. Hum… je ne me sentais pas super rassurée, je l’avoue. Surtout quand Alex s’est mis à sauter dessus.

Le lendemain, nous avons visité un refuge pour animaux. Il y en avait peu mais la dame était très gentille et nous a permis de nourrir le hibou, le raton laveur, les singes-araignées, les perroquets verts Amazone à lores rouges, comme ceux que l’on voit à chaque jour sur le terrain au Costa Rica… mais de loin!

Ara rouge que nous avons nourri mais qui m’a aussi pris une bonne croquée dans la main. Outch! Tout un bec…

Mais notre coup de coeur a été les deux singes araignées qui voulaient enrouler leur queue autour de nos chevilles ou poignets. Les animaux de ce refuge proviennent surtout de gens qui  ne les voulaient plus après quelques mois/années de loyaux services. Incluant les singes. Trop vieux pour apprendre à vivre en liberté ou simplement mal adaptés, ils restent au refuge où ils sont somme toute bien traités. Contrairement à d’autres espèces, les singes araignées sauvages ne reconnaissent apparemment pas comme l’un des leurs un singe qui sent l’humain…  certains se feraient même dévorer. Je crois que le refuge préfère ne pas prendre de chance avec leur deux femelles.

Le reste du temps, nous avons pris notre temps.
Dans la ville de Boquete même. Quelques restos (rien de digne de mention toutefois 😉 ). Discussion avec Carlos chez qui nous avions loué une chambre dans son grenier. Visite des épiceries chinoises (beaucoup d’immigrants chinois en affaire au Panama!) où on espérait trouver du bon thé! Mais non. Rien de rien. J’ai alors demandé au caissier et il m’en a donné de sa réserve personnelle!! Il était content de trouver quelqu’un qui appréciait le bon thé vert je crois. Tellement gentil!

Puis, il a bien fallu la retraverser cette frontière! Ça été moins ardu que la première fois mais, c’était un samedi… Paso Canoas un samedi avec des rabais du « Black Friday » en plus, c’était juste fou! Il y avait tellement de gens… et nous avions plein de trucs à trouver en ville mais nous avons laissé faire la majorité des items sur notre liste à acheter! Tant pis. Qu’a-t-on réellement besoin au fond dans un paradis tropical?

J’ai donc gardé mes t-shirts tachés, les jupes trouées de Charlotte et notre vieux cellulaire qui fonctionne à moitié en échange de notre sanité d’esprit. Cette folie du magasinage ne me manquait pas pantoute en fait. Vive la plage et les hamacs.

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