Cinq semaines sur une ile déserte

Ile déserte, eau turquoise, maisons sur pilotis, étoiles de mer, sable blanc, coraux et chocolat. Si je voulais vous faire rêver, je pourrais m’arrêter à ces sept idées toutes faites à propos de Bocas del Toro, non?

Mais, fidèle à mes habitudes, je vais aussi vous parler de l’envers de la médaille. Ce qu’on ne lit pas toujours sur les brochures touristiques.

Je commence tout de même par notre conclusion et un résumé si vous ne voulez pas lire le détail de nos aventures dans l’archipel : nous avons apprécié ces cinq semaines sur une ile déserte, pour un home-sit dans la région de Bocas del Toro, Panama à nous occuper de deux chiens et six poules.

Ile déserte

Être autonome en électricité et pour l’eau potable : nous l’avions déjà fait dans une certaine mesure en VR et en bateau mais jamais dans un contexte de maison « normale »! C’est un beau concept : boire de l’eau de pluie et nous fier exclusivement sur l’énergie du soleil pour nos besoins en électricité est somme toute assez satisfaisant! Et nous n’avons pas eu à faire d’énormes sacrifices sur nos habitudes de vie… le soleil rechargeait les batteries à 100% à tous les jours.
Il y a le propane et l’essence dont on n’a pas pu se passer alors c’est un mode de vie que partiellement écologique. Et ils brûlent les poubelles (plastique inclus et donc, dioxine cancérigène aussi…). Je commence à accepter l’idée qu’aucun paradis n’est parfait!

Nous sommes ici (au point rouge) !

Si vous vous éloignez sur la carte, vous verrez une grande ile, n’est-ce pas? Isla San Cristobal. Mais ils n’étaient pas sur une ile déserte, vous direz-vous! C’est aussi ce que je pensais… Et bien ce qu’on ne nous a pas dit c’est qu’en fait, presque tout le vert là autour du toit rouge (la maison que nous habitions), ce sont des mangroves. Des marais maritime en fait. Un genre de swamp d’eau salée finalement. Alors oui, il y a une grande ile dans ce coin-là mais nous, nous étions entourés par une swamp. Bah, ce n’est pas si grave que je me disais, je me doutais bien que je ne pourrais pas aller marcher dans ce que je croyais être la jungle tout autour de toute façon. Pas de grande marche pour nous. Ça ne changeait donc rien… jusqu’à ce que le soleil se couche! Aïe aïe aïe.

Je vous ai déjà parlé, je crois lors de notre séjour en Floride, des no-see-ums. Ou gnats ou sand flies ou, si vous préférez le terme en français québécois, brûlots (ils sont plus gros au Québec toutefois… et différents). Ou même le terme scientifique : Cératopogonidés. Et Wikipédia vous informera que cette famille est riche de plus de 1300 espèces et, avec une taille de 0,8 à 3 mm, qu’ils sont les plus petits des diptères piqueurs. Des petits [email protected]#[email protected]@%#$?#%@$% de diptères piqueurs qui semblent aimer particulièrement vivre dans les mangroves et passent par les trous des moustiquaires! Même Charlotte s’exclamait dans le soleil couchant : « J’ai hâte de partir d’iciiiiiiiii! »

Quoique certains de ces suceurs de sang s’en donnaient à coeur joie à toute heure de la journée, après une heure ou deux de torture journalière au coucher du soleil, je vous rassure, le restant de nos journées se passait en relative tranquillité.

Mais revenons à la carte et faites un « zoom out« . Peser sur le petit symbole moins. Encore. Encore. Encore. Au moins une vingtaine de fois… pas très développé comme coin, hein?

Au moins, on était averti! Et, par chance, on avait un bateau moteur à notre disposition! Et, OUF!, par chance, il ne passait pas son temps à briser comme d’autres moteurs de bateau que j’ai connu!!!

Nous étions tout de même autonomes et libres de quitter notre ile quand bon nous semblait, SI la météo le permettait (et c’est un point tout de même important à préciser puisque ce n’était pas tout le temps le cas). Trente minutes de bateau avec le moteur dans le fond avant de trouver une épicerie digne de ce nom (lire avec fruits et légumes de qualité).

Fruiterie à Bocas

Les locaux jouent aux dominos (et c’est bruyant quand ils frappent leur pièce sur la table 😉 ) en attendant un client pour leur water-taxi.

Il y a pire en terme d’isolement mais nous nous sentions tout de même assez (trop?) loin de tout. Une bonne connexion internet toutefois malgré l’éloignement! Par un système d’antennes et de relais qu’Alex pourrait bien vous expliquer si vous le désirez, ils réussissent à avoir une connexion assez bonne pour écouter un film sur Netflix (par exemple) mais oui, on se sentait isolé. Des vraies relations avec du vrai monde, t’sé. Il faut dire que nous nous sommes aussi sentis passablement isolés au Costa Rica durant notre autre « home-sit » alors là, ça faisait beaucoup d’isolement en peu de temps! À choisir, on s’installerait sur l’ile  Colon directement (où il y a la ville de Bocas) ! On le saura pour la prochaine fois. On nous avait dit que c’était une ville de party. Alors peut-être que ça n’aurait pas été le paradis non plus 😛
Vous commencez à voir où je veux en venir? Aucun paradis n’est parfait.

Mais terminé pour les mauvais côtés! Voici le « silver lining » de notre aventure à Bocas. Les multiples cerises sur le sundae. Les beaux côtés de la médaille.

Sable blanc, eau turquoise et étoiles de mer

Nous étions ravis de retrouver un contexte plus « sur l’eau » qui allait nous rappeler de bons souvenirs de notre deux mois aux Bahamas en voilier! De l’eau turquoise et du sable blanc, il y a en a certainement plus aux Bahamas mais nous avons tout de même été bien servi dans l’archipel de Bocas!

Un canal creusé dans les labyrinthe de mangroves.

Il y a la plage aux étoiles (Playa Estrella) qui est chouette. De grosses étoiles dodues y ont élu domicile. Ce qui est bien aussi c’est qu’il y a, tout près du bord, une falaise dans l’océan. Ça devient progressivement, mais tout de même assez rapidement plus profond et il y a beaucoup de poissons qui y viennent. C’était beau à voir. Je me sens toute petite quand je suis dans l’océan comme ça… et là, c’était tout près du bord en plus alors, les enfants se sentaient aussi (passablement) en sécurité.

Et puis, la magie a opéré : dans cette partie plus profonde mais près du bord (je le rappelle!), nous y avons vu un petit groupe de trois dauphins nager, sauter et chasser probablement. Wow de wow! À part en bateau, nous n’avions jamais vu de dauphins d’aussi près à partir de la terre ferme! Nous les avons suivi un bon moment à partir du bord.

Le hic de cet endroit, c’est que ça implique une promenade en mini-bus d’un bon 45 minutes (donc 1h30 aller-retour) sur l’Ile Colon et ouf, les enfants ont vraiment facilement le mal de coeur alors j’ai eu peur durant tout le trajet d’asperger les autres touristes d’une odeur dégoutante 😛
Mais tout s’est bien passé. C’est par contre la raison pour laquelle nous n’y sommes allés qu’une fois.

Red Frog Beach

Question plage de sable blanc, il y a aussi Red Frog Beach sur l’Ile Bastimentos. Un petit quai où s’arrêter avec notre bateau, accès à un sentier superbe dans la jungle (on y a vu un paresseux et des caïmans), une petite marche de 15 minutes et on arrive à une petite série de quelques plages.  Plus intéressant pour nous puisque c’était moins loin, seulement une promenade en bateau était nécessaire et j’adore marcher dans la jungle.

D’un observatoire surplombant la falaise, nous pouvions voir la force des vagues. On n’aurait pas aimé y être en bateau!

Un petit resort sur cette plage qui offrait quelques jeux pour petits et grands. Bien appréciés!

Des calas et de bonnes odeurs partout sur le sentier.

Sentier bien aménagé dans la jungle. Un peu trop aménagé pour moi mais quand on pense qu’il y a des serpents dangereux dans ce coin de pays (on a vu un fer de lance!), aussi bien que le chemin soit bien dégagé!

Plage différente toutefois : les vagues étaient beaucoup plus impressionnantes à cet endroit! Pas de snorkelling mais nous nous sommes bien amusés dans les vagues avec notre « planche » gonflable.

Cayo Zapatilla

Dernière plage mais non la moindre : Cayo Zapatilla.


Deux petites iles avant que le gigantesque Atlantique commence sans se faire interrompre par une bande de terre. Nous y sommes allés lors d’une journée sans vent et donc sans vague mais ça doit brasser par moment! Nous n’irons par contre qu’une fois… un peu loin mais ça valait la peine. Moment rare d’émerveillement : une tortue est venue respirer tout près de nous (quand nous nous y rendions en bateau)!

Maisons sur pilotis et coraux

Nous avons exploré tous les spots de snorkelling qui nous semblaient accessibles avec nos deux petits plongeurs.

À Cayo Crawl, du gros fun!

Les plus agréables et sécuritaires avec eux étaient certainement ceux près de ces maisons sur pilotis construits aux endroits où il y a de la belle eau turquoise, sable blanc et peu profond, qui attirent les touristes. Belle clientèle captive pour leur resto-bar. Beau potentiel d’affaire. « Viens nager avec les poissons et paie-toi un snack, mi amigo! » 😉

En plus, surprise surprise : au menu de l’un de ces restos, il y avait… TA-DAM… poutine! On a bien ri.

Malgré qu’on se doutait du résultat, je n’ai pas pu m’empêcher d’en commander une. Pas aussi satisfaisant que celles du Québec mais comique. On en a déduit que le proprio, que nous n’avons jamais vu, devait être québécois! Il y avait même des plaques d’immatriculation du Québec sur les murs du resto… mais aussi de l’Ontario et de l’Alberta, ce qui rend notre conclusion difficile à prouver hors de tout doute. Un canadien-anglais qui servirait de la poutine dans son resto au Panama? Pourquoi pas… la poutine est un met de renommée internationale!

Mais passons aux poissons. On adore observer les poissons! On leur a donné des spaghettis à manger, trop drôle de les voir aspirer une nouille en nageant 🙂
Des heures de plaisir, je vous dis.

Il y a aussi de petites iles de mangrove dans la Baie des Dauphins (où la maison où nous étions se trouve) que nous avons pu explorer en snorkelling.

Pas beaucoup de poissons dans ces coins par contre. Les locaux pêchent beaucoup, surtout les autochtones en fait… pêche de subsistance.

Après les camions de fruits et légumes qui venaient faire des affaires avec nous à Cocal Amarillo (Costa Rica), ici, ce sont les Ngobes (un des peuples autochtones présents dans la région) qui venaient nous vendre du poisson dans leur canot de bois. Bar rayé, langouste et autres dont je ne me souviens pas du nom.

Un enfant pêcheur venu nous vendre des poissons directement au quai. Leur canot de bois, cayuco, est creusé dans le tronc d’un seul arbre.

 Chocolat

Je m’étais promis, pour mes quarante ans, une visite dans une plantation de cacao! C’est maintenant chose faite! J’ai goûté pour la première fois de ma vie à du cacao frais. Ça m’aura pris quarante ans tout de même… il était temps pour une amatrice de chocolat comme moi. C’est délicieux! Une graine tendre, certains diraient amer mais avec notre habitude de manger du chocolat noir, nous n’avons pas trouvé le goût si amer que ça (quoiqu’il semblerait que ça dépend des sortes de cacaoyer) et de la chair blanche et subtilement sucrée autour.

Photo de Civen Group que je ne connais pas mais j’adore leurs photos de cacao!

Bien intéressant de connaître la méthode de fabrication du chocolat. Croyez-moi, on ne pait pas cher pour tout le travail que ça implique. Je vous en reparlerai peut-être plus en détails un jour 🙂

Séchage des grains de cacao.

Pour le moment, je dois préparer nos bagages et la maison!
Oui, un des avantages de dormir en hôtel, c’est que tu n’as que tes bagages à préparer au moment du départ!

Départ lundi 7h du matin vers le Costa Rica.
Envoyez-nous vos bonnes ondes pour une traversées de frontière sans histoire!! 🙂

(Pour connaître nos mésaventures des dernières traversées de la frontière, c’est ici et ici.)

Ah mais juste quelques dernières photos des beaux paysages que nous avons vus et d’une virée en bateau au lever de la pleine lune.

Les chiens nous accueillent toujours sur le quai quand on arrive.
J’adore ces deux chiens <3

Quand la mer était calme, ils s’en donnaient à coeur joie debout dans le bateau!

La virée  à la pleine lune

Les chasseurs de pleine lune…

C’est le coucher du soleil, la pleine lune se lèvera bientôt!

D’autres touristes venus admirer la pleine lune?

La voilà! La pleine lune du 1er mars.

Les plaisirs de la vitesse… je l’ai moins moi ce plaisir-là! 😉

Comme toujours, nous adorons admirer la nature qui nous entoure. Entendre les oiseaux, les voir voler.

Cormoran

On revient au bercail! Le mat du catamaran de nos voisins nous aidait toujours à repérer la petite baie où était située la maison de Bill et Janis. Vous le voyez?

Un banc de sable où nous nous sommes arrêtés en plein milieu d’une baie près de Bocas. Les cumulo-nimbus étaient parfois menaçants!

Après une journée fatiguante à la plage ou à nager pour voir les poissons, une bonne sieste bien appuyés sur maman malgré les vagues et les sauts du bateau!

 

4 réflexions sur “Cinq semaines sur une ile déserte

    • C’est bien joli ici. Plus tranquille que les Bahamas question vent et front froid je crois! Mais l’eau est tout de même moins turquoise 😉

  1. Allô vous quatre. Contente d’avoir de vos nouvelles. Comme toujours vos photos sont magnifiques vraiment magnifiques. J’adore te lire Mélissa et d’avoir l’autre côté de la médaille est toujours intéressant. Recevoir tes récits c’est comme un cadeau. Merci de prendre ce temps. Ici, le printemps se glisse tout doucement, les températures se réchauffent depuis plusieurs jours et les rues des quartiers sont sur l’asphalte. Ça fait du bien on a tellement gelé cet hiver. Les jours rallongent ça donne de l’énergie. Il y a de fortes chances que l’hiver prochain nous partions faire la Baja California avec notre Joly Jumper, notre motorisé. Je commence à fouiller pour préparer l’itinéraire et je fait un peu d’espagnol avec duolingo. Fin mai nous partons en Italie pour 3semaines, mais avec un groupe. On avait aimé la formule de Sinorama alors on y va avec Traditours qui leur ressemble beaucoup. Je t’ajouterai sur mon groupe privé Facebook pour que tu puisses voir nos photos. Je vous envoie des ondes positives pour votre passage aux douanes de lundi. bisous à vous 4. Xxx

    • Oh de beaux projets de voyage! Génial!
      Je dois dire que d’affronter l’hiver ne me tente pas plus après avoir lu ton message 😉 Ça fait 3 hivers que nous passons au chaud… il me reste encore quelques mois pour me faire à l’idée qu’on verra de la neige!!

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