Cocal Amarillo en photos et en souvenirs

Notre house-sitting à Cocal Amarillo, près de Pavones, sur la côte Pacifique complètement au sud du Costa Rica (voir sur cette carte en suivant ce lien!), achève bientôt! Après plus de 4 mois, je commence à avoir hâte qu’on bouge… malgré toutes les complications que ça implique sans motorisé. Il nous reste 5 mois en Amérique latine et je passe beaucoup de temps à prévoir le reste de notre voyage. Me renseigner sur les bonnes places à visiter, trouver des endroits abordables à louer (le mot clé étant abordable… ce n’est pas si répandu au Costa Rica), planifier les transports (encore une fois, abordable et location d’auto pour 5 mois ne riment pas du tout ensemble!),… je  m’arrache les cheveux assez fréquemment ! Il faut trouver un endroit où c’est facile de se rendre et où ce sera possible de voyager un peu autour pour découvrir la région sans auto. Puisqu’on veut que ce soit abordable, je cherche des endroits où ça nous tentera d’être pour 2-3-4 semaines : le prix est meilleur à la semaine ou même au mois qu’à la nuit. Il faut aussi une chambre pour une famille, avec 4 places où dormir, et ce n’est pas toujours le cas. Bon en tout cas, je vous épargne les détails mais j’en ai fait des démarches jusqu’à présent! Nous avons beaucoup de pistes mais rien de couler dans le béton encore… pas de réservation longtemps à l’avance, la flexibilité restant un aspect important de notre façon de voyager.

Je me rends compte que c’est simple voyager en motorisé : tu as ton transport ET ta maison avec toi en tout temps, il y a toujours le bon nombre de lits pour ta famille, tu as toujours un endroit (relativement 😉 ) propre pour cuisiner,… mais avec les routes ici, la longueur du voyage et d’autres complexités aussi au niveau de l’importation des véhicules, entre autre, je pense tout de même que nous avons fait le bon choix d’y venir en avion!

Malgré mon premier texte écrit au Costa Rica où je décrivais une vie de ¡Pura Vida!, nous n’avons pas toujours trouvé ça simple d’avoir choisi ce gardiennage de maison… des bris fréquent du système électrique et de la plomberie, un chien qui se casse la patte (Zulu, mon préféré!), y être 24heures sur 24 et 7 jours sur 7, des poules et une brouette qui disparaissent, la saison des pluies qui s’éternise, un jardin rempli de moisissures ou mangé par les iguanes (nous n’avons pas eu une grande récolte finalement!), des piqûres d’insecte non-identifié quand on dort (on pense que ce sont des puces mais… ???), un voleur dans la casita où une famille invitée s’était installée (soixante dollars en moins et une chaine en or de partie!), des termites faisant leur chemin dans notre casita, des fourmis rouges, des chauves-souris, des rats, des serpents un peu trop envahissants à notre goût, et j’en passe!

Disons simplement que nous avons eu quelques défis. Des défis pour ma patience surtout 😉

J’ai hâte de bouger. MAIS je me souviendrai aussi du bruit de la mer et des roches qui roulent à chaque vague. Des couchers du soleil avec la Péninsule d’Osa et ses montagnes en arrière plan. Des nuages qu’on voit se former de loin et des averses qu’on voit approcher. Des noix de coco, des bananes, des plantains et, surtout, des papayes cueillies sur le terrain, des fruits tropicaux frais… j’en rêvais depuis longtemps! Du bruit des singes qui hurlent dans la montagne derrière nous (je ne peux pas croire qu’on ne les a même jamais vu! Du moins, pas encore… il nous reste un peu moins d’une dizaine de jours pour les apercevoir!).

Je me souviendrai du vol chaotique des morphos bleus, du chant croassant des Scarlett Macaw, de la famille de toucan qui venait manger les papayes en se déplaçant avec leur bec qui semble tellement disproportionné. Des pic-bois à tête rouge qui picotent les poteaux électriques en bambou et qui ont des repousses (ils fait tellement humide que même les poteaux restent en vie!). De notre enthousiasme à observer des dizaines d’oiseaux, d’insectes, de reptiles que nous n’avions jamais eu le plaisir de voir.

Je me souviendrai des quatre chiens que nous avons eu beaucoup de plaisir à côtoyer! Chica, Zulu, Chico, Pipa. Leur course sur la plage pour attraper les oiseaux. Je me souviendrai de Zulu que nous avons aidé à guérir de sa patte cassée du mieux que nous avons pu! Je me souviendrai des petits chats que nous avons été recueillir chez des voisins pour éloigner les rats et les serpents du terrain.

Je me souviendrai de cet oeuf de tortue écrasé sur la plage et des affiches vues dans la région pour inciter les gens à sauver les oeufs plutôt que les manger. Je me souviendrai des deux mini oeufs trouvés par Léo dans une craque d’un tronc d’arbre échoué sur la plage. Des oeufs de lézard? On ne le saura jamais… ils ont disparus du petit nid qu’on leur avait concocté. Mangés ou éclos?

Je me souviendrai des frégates superbes, des dauphins et des jets de baleine aperçus au loin dans le Golfo Dulce. Des papillons qui virevoltent autour des fleurs lantana que j’ai laissé volontairement pousser dans le gazon (je crois que c’est considéré comme de la mauvaise herbe par plusieurs ici) et des petits oiseaux bleus qui viennent y manger les fruits noirs (comme des mûres) qui y poussent lorsque les fleurs oranges et jaunes disparaissent.

Je me souviendrai de cette maman oiseau qui a couvé deux petits oeufs dans son nid fait dans un grand buisson d’hibiscus juste à côté de la salle à manger à la hauteur de nos yeux. Son oeil rond qui nous surveille, sans bouger, pour connaître nos intentions. Je me souviendrai des piaillements des deux oisillons. Je me souviendrai du faucon qui est venu en faucher un et de l’autre bébé oiseau, si petit, qui était tombé du même coup du nid et que j’ai aperçu grâce à sa maman qui était venu le voir… je me souviendrai d’Alex qui le remet délicatement dans son petit nid douillet sans le toucher directement pour ne pas nuire au lien avec sa maman. Je me souviendrai des regards anxieux de mes enfants qui se demandent si l’oisillon continuera d’avoir les bons soins de sa maman malgré qu’on se soit occupé de lui. Oui! Comme ils étaient contents. Je me souviendrai d’avoir vu l’oisillon prendre son envol deux jours plus tard. Je me souviendrai qu’au moment d’écrire ces lignes, je peux apercevoir la même maman en train de couver d’autres petits oeufs dans le même nid…

Je me souviendrai des familles québécoises qui sont venues nous visiter et qui sont passés de purs inconnus à amis en peu de temps. Je me souviendrai de nos longues discussions dans la cuisine et comme ça nous a fait rire de nous dire que nous étions bel et bien des québécois.

Je me souviendrai de nos longues marches en famille sur la plage pour rejoindre le prochain hameau et y faire quelques courses, quelques découvertes, quelques rencontres. Je me souviendrai de Beto qui nous a fait goûté à ses fèves de cacao grillées. Je me souviendrai de Luis que je rencontrais souvent à la rivière où l’on discutait pendant que les enfants se baignaient. Je me souviendrai être contente pour lui lorsqu’il m’a dit un matin tout content que ça faisait 8 jours qu’il n’avait pas bu d’alcool… je me souviendrai aussi du ravage que fait l’alcool dans la région et de lui, 2 semaines plus tard, tellement saoul qu’il ne se rappelait pas que je parlais espagnol, ni de moi, ni qu’il m’avait déjà parlé en long et en large de ses projets environnementaux.

Je me souviendrai du jardinier/conseiller/chauffeur/épicier et de sa famille qui ont toujours été si gentils et aidants avec nous. Si vous venez un jour dans la région, saluez Pelé et Leila pour moi 🙂 Et, faites-moi plaisir, achetez local. Ils ont une petite épicerie dégarnie qui vivote dans le milieu du village de Cocal Amarillo. Quand j’avais quelque chose à acheter, j’allais toujours les voir en premier. Des oeufs, du pain, du lait, de la pâte tomate, du riz,… Ils n’ont pas de tout mais ils ont du coeur et des sourires.

Je me souviendrai de la vue. De la couleur de l’eau. Du vent chaud sur ma peau et de l’odeur de l’air chargé d’humidité.

Du moins… j’espère que je m’en souviendrai.

En tout cas, j’aurai quelques photos pour m’aider à me rappeler l’ambiance de ce 4 mois dans le fin fond du Costa Rica. Je vous envoie mes préférées comme cadeau de Noël 😉

¡¡ Feliz Navidad !!

Le reflet de la pleine lune sur le Golfo Dulce pour le matin de ma fête!

À la saison des pluies, aussi bien profiter de l’occasion pour jouer dans l’eau! On a aussi apporté des imperméables et un parapluie dans nos valises mais c’est bien plus intéressant d’essayer avec une feuille de bananier! Conclusion : plus amusant mais moins efficace!

Il y a plein de modules de jeux sur la plage…. et ça change à chaque fois qu’on y va!

Autre occupation à la plage!

Pavones est un coin reconnu pour le surf avec la troisième plus longue vague au monde mais les enfants ne s’y sont pas risqués… C’est quand même le fun d’aller à la plage avec quelque chose qui flotte!

Tadam! De la descente de courant de rivière avec planche de surf brisée!

Léo était content que des enfants costariciens en vacances lui offrent une de leur planche de boogy board! C’est définitivement LA chose qui nous manque mais on s’est débrouillé avec des planches abandonnées ou prêtées.

Tarzan à la rivière

On voit de tout sur la plage.
Un troupeau de vache est venu à notre rencontre. Ils n’ont pas le choix d’y aller à marée basse puisque, à marée haute, on a de la difficulté à se faire un chemin entre l’eau et la roche qui longe les bords!

Comme cette paroi rocheuse, par exemple, inaccessible à marée haute. Une grotte creusée dans la pierre. Il y a beaucoup d’érosion, le sol disparaît peu à peu et des maisons menacent de s’écrouler d’ici quelques années. Souvent, des arbres tombent à force d’avoir les racines fouettées par les vagues. D’ailleurs, la grotte est parfois plus creuse que ça… ça dépend des marées.

Autre drôle de rencontre à la plage.

Charlotte pensive à la rivière.
Nous allons souvent à la rivière puisque ce n’était pas toujours l’idéal pour se baigner dans la mer (trop de vagues fortes, trop de rochers,…).

Durant la saison des pluies, nous voyions souvent de nouveaux troncs d’arbre apparaître sur la plage! Érosion, affaissement de terrain, coupe.

Un tipi en construction.

Il y a cette espèce de mousse sur le bord de la plage. C’est confortable pour les pieds!

Grimpeur, sauteur, escaladeur… il est toujours prêt pour un nouveau défi!Cette plage parcourue des centaines de fois!

Deux beaux petits chats chasseurs de rats! À chaque fois que j’allais acheter du poison à rat, on me disait que ça nous prenait des chats pour éloigner les souris et les rats. Et c’est important de ne pas avoir de rongeurs sur le terrain puisqu’ils attirent ensuite les serpents… et on n’en veut pas plus!

Zoothérapie en pleine lecture.
Il est allergique notre Léo et il en est bien triste. Il prend quand même les chats et il éternue :/

On dirait une fleur provenant directement du film le Lorax!

Les enfants de la première famille qui est venue nous voir! C’était une belle rencontre avec Ulysse, Violette, Nathalie et Youri!

Deuxième famille! Et une autre belle rencontre avec Mia, Axelle, Mélanie et Sébastien! On les remercie chaleureusement ces deux familles d’avoir pris des vacances avec nous. Je crois que le temps nous aurait paru bien long sans eux. En tout, nous avons eu des gens pendant 6 semaines sur le domaine.

Pipa et son met favori : queue d’iguane! Ils mangent n’importe quoi ces chiens…

Piscine pleine d’eau de pluie, de saleté et de tétards. Avec des crapauds à observer, des punaises d’eau et même des tortues!
Il y a aussi un serpent qui est venu s’y réfugier (pour chasser des tétards??) et des crabes terrestres.
Il y avait des plans pour la réparer avec un autre papa bricoleur, Sébastien, mais finalement, ils se sont arrangés pour pouvoir remplir la petite partie et n’utiliser que la partie « spa » (là où les enfants se tiennent debout sur la photo).

Voilà! une petite partie de la piscine utilisée à bon escient! Des heures de plaisir avec Mia et Axelle.

On fait souvent des expériences. Cette fois-ci, c’était d’écrire avec une plume et du jus de lime fraîchement pressé… évidemment, les mots disparaissent MAIS si on les met sous une flamme, ils réapparaissent comme par magie!

Sur la route pour aller dans les plus grandes villes de la région, il y a de superbes points de vue en montant dans les montagnes.
Cette fois-ci, c’est la Baie Manzanillo. Nous étions arrêtés à la maison de la mère de Leila qui est à vendre : si jamais vous cherchez dans le coin une maison avec belle vue, faites-moi signe! 😉

Dans le village de Cocal Amarillo.

Golfo Dulce et Péninsule d’Osa au loin. Avec les nuages de la saison des pluies qui a persisté jusqu’à la mi-décembre.
Un beau paysage qui me manquera!

12 réflexions sur “Cocal Amarillo en photos et en souvenirs

  1. Salut les. Aventuriers
    Joyeux Noël avec vos monstres préférés
    Beaucoup de santé et d’aventure à vitre mesure
    Nous on nage dans la neige
    C’est vraiment noel
    On vous embrasse xx
    Légèreté et plein air
    À la proxima

    • Merci Dominique!
      Joyeux Noël à vous quatre. Un Noël blanc!! Ça fait trois ans que nous n’avons pas eu ça… et c’est dans nos veines tout de même! L’esprit de Noël se rend un peu plus difficilement jusqu’à nous je dirais…
      Je vous souhaite du doux temps en famille… et du bon temps pour soi aussi xxx

  2. Les lantanas poussent très bien sur les balcons à Montréal ! Et ils passent bien l’hiver à l’intérieur, même dans un appartement sombre comme le mien. De très beaux souvenirs ! Joyeux Noël à toute la famille ! Et bon voyage pour la suite.

    • Je ne savais pas pour les balcons et plante d’intérieur! Ma mère en a sur son terrain et j’ai toujours trouvé ça joli. J’en aurai sûrement aussi dans notre prochain chez nous. Pas sûre qu’on retrouvera l’envie d’avoir un balcon montréalais par contre… on verra ce que l’avenir nous réserve!
      Joyeux Noël à toi et passe du bon temps!

  3. malgré les difficultés ton récit nous fait rêver. Prendre le temps de vivre, improviser le quotidien, retrouver l’émerveillement, savourer la simplicité des choses, apprendre de la nature, s’adapter à la nature qui est toujours forte et imprévisible, être hors du circuit de la surconsommation, vivre en famille 24 heures sur 24, et tant de choses que je pourrais nommer. Bonne continuité dans votre «nomaditude». Bon voyage, bonne année

    • Ah tu sais, on se rend compte que c’est difficile pour nous d’être content en tout temps dans le moment présent. Puis ensuite, on repense à nos souvenirs comme ceux durant notre voyage en bateau par exemple que nous avons trouvé particulièrement difficile, et on se dit qu’on est chanceux d’avoir vécu cette expérience, même difficile! J’essaie de m’arrêter souvent dans une journée ou dans une semaine et de me remémorer ça : je suis chanceuse. C’est juste que parfois, avec les difficultés, les énervements ou simplement les petits tracas du quotidien, cette chance-là est parfois plus subtile à saisir 😉
      Merci pour ton beau message, tu m’aides encore plus à réaliser que c’est important de prendre le temps d’y penser.
      Joyeux Noël! Bonne année!

  4. Ah que oui, que tu vas te souvenir longtemps de cet endroit… Ton récit ressemble tellement au mien, 6 ans plus tôt… L’ennui, le sentiment d’être pris, les bibittes, la belle visite qui rend notre séjour difficile beaucoup plus agréable… et malgré tout ça, de merveilleux moments… C’est bon de te lire, car avec le temps, on oublie un peu les désagrément… C’est après le CR qu’on a opté pour la vie en bus, justement pour avoir un lit (relativement) propre avec nous en tout temps ET un moyen de transport (relativement) fiable. On en a passé du temps au garage au CR et on a déménagé qqs fois avant de trouver une maison relativement saine! Bonne continuité! Moi aussi j’avais des fourmis dans les jambes après 4 mois!

  5. C’est un très beau texte qui reflète bien un résumé de voyage avec ses hauts et ses bas. Avec le temps on ne retient que les hauts et on se souvient des bas sans y attacher d’emotions.

    • Tu as tellement raison! C’est ce qui est en train de se passer avec nos aventures des deux dernières années 😉

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