Deux nuits dans un tout-inclus à Trois-Rivières

J’ai été invité, avec des arguments convaincants je dirais, à rester dans un tout-inclus pendant deux jours et deux nuits à Trois-Rivières. Service personnalisé, intraveineuses inclus.

Comment refuser?
Surtout quand on se fait dire que les antibiotiques pris par la bouche ne feront pas effet et qu’il faudrait donc une opération pour régler le problème. Bon, ok, je tente le coup du 48h sous intraveineuse alors.

Je n’avais jamais été hospitalisée de ma vie…  c’est un abcès à la gorge qui m’aura donné mon premier billet. Ce n’est jamais de gaieté de coeur qu’on reste dans un hôpital. Je les déteste et le mot est faible. Mon choix d’accoucher à la maison est en lien très étroit avec mon antipathie pour tout ce qui tourne autour de notre système médical.

Comprenez-moi bien, je ne remets pas en question notre chance… d’avoir accès à tous ces spécialistes, à tous ces équipements, à toute cette science, c’est précieux. Par contre, j’ai des doutes et des critiques par rapport à certaines pratiques, certains aspects de notre système de santé.

Par exemple :

  • Donner autant de sucre à des patients devrait être interdit. Ayant grand peine à ouvrir la bouche, on m’a apporté, à ma demande, du manger mou. Je m’attendais à une soupe. Pas une Pho viet mais une soupe réconfortante, chaude, lisse dans la gorge. Oh mais non. J’ai eu droit à du sucre, du sucre et du sucre. Une compote de fruits avec sucre ajouté (je n’ai pas vu les ingrédients mais j’en mettrais ma main au feu). Un pouding à la vanille. Une petite coupe de crème glacée. Du Ensure. Vous ne connaissez pas le Ensure? Moi non plus. J’ai lu la liste des ingrédients : eau, sucre,… je me suis arrêtée là dans ma lecture.
    J’ai bu mon lait, la seule chose qui n’était pas sucré sur mon plateau. Je n’aime pas le lait mais, oh! qu’il était bon cette fois-ci. Du lait sans sucre. Génial!
    Quand on sait que les bactéries se nourrissent de sucre et que mon abcès était (probablement, je n’ai jamais eu les résultats des tests) dû à une bactérie, quelle est la logique?! « Ah bah… on lui donnera plus d’antibios. »
    J’ai voulu changer ma diète le lendemain matin pour un menu normal en me disant que tout est mou de toute façon dans un hôpital. On m’a obstiné que c’était à la demande du médecin qu’on m’avait apporté cette bouillasse de sucre. Non non, dans mon dossier c’est écrit : selon la tolérance. Et je ne tolère pas autant de sucre.
  • Réveiller les patients qui ne sont pas en danger de mort devrait aussi être interdit. En plus de bien manger, on a besoin de repos pour bien guérir.
    Je savais en me couchant que je devais avoir une dose d’antibios à 3 heures du matin. Je me fais réveiller en pleine nuit, elle prend mes signes vitaux et se dirige vers la porte de sortie. « Je devrais avoir des antibiotiques, non? » Mais non, il n’est pas encore 3h. Au lieu de prendre mes signes vitaux et de me donner mon antibiotique en même temps, on m’a réveillé deux fois plutôt qu’une. À une heure d’intervalle. Je n’ai pas trop compris. La deuxième nuit, pareil.
    Si je n’avais pas été dans la brume du sommeil, je vous jure qu’un plomb aurait sauté.
  • Comment ça se fait qu’on ne prend pas le poids en considération dans la dose de médicament? On le fait pourtant chez les enfants. Ils ne m’ont jamais pesé, ne m’ont jamais demandé mon poids. C’est donc dire que j’ai reçu les mêmes doses d’antibiotiques que quelqu’un qui pèse le double de mon poids aurait eu. Une simple règle de trois pourrait régler quelques problèmes!
    J’ai eu mal au coeur, vomi deux fois. La solution? Du gravol. 100 mg par intraveineuse quand la dose en pharmacie est de 50 mg et que ça doit faire en masse effet. Je suis finalement devenue rouge sur tout le corps. La solution? Aucun autre médicament avant de revoir le médecin. J’ai occupé un lit pendant près de 12h sans recevoir aucun traitement. 36h sous antibiotiques, probablement trop forts pour moi, plutôt que 48h sous antibiotiques à la bonne dose, est-ce que ça n’aurait pas été plus efficace? Moins fatiguant pour mon corps?
    J’étais simplement contente de pouvoir sortir quand j’ai finalement vu le médecin ce jour-là! Mais bon, après coup, j’avais encore mal à la gorge et je peux encore aujourd’hui sentir la bosse dans mon cou. Donc… je me questionne.
  • Sortir dehors. Il devrait être obligatoire pour tous les établissements de santé d’avoir un jardin où il est agréable de sortir. Pas une sortie où les gens allument leur cigarette sitôt dehors. Un jardin avec des bancs, des arbres.

Bon, je m’arrête là côté critique. Si des gens du milieu de la santé me lisent, svp expliquez-moi.

Même si je n’avais eu aucune critique à faire, ce n’est bien sûr jamais agréable d’être malade en vacances. Mais, je sais aussi voir les bons côtés des choses!

  • Fait rare, même pour un vrai tout-inclus, j’avais une chambre individuelle sans payer de supplément! Je pouvais donc bien dormir malgré mon sommeil très, très, très léger… quand les infirmières ne me réveillaient pas.
  • Quand j’ai réussi à obtenir une soupe, elle était bonne. En fait, un menu normal était 20 fois meilleur qu’un menu mou. Merci beaucoup à toute l’équipe dans les cuisines!
  • Il y a plein de sourires et de compassion. Le personnel infirmier a été, en grande majorité, patient, attentionné et professionnel. Et ça, ça vaut de l’or pour les malades. Vous faites un métier que je ne ferais pas! Je vous lève mon chapeau!
  • Dans un long voyage comme le nôtre, on se doutait bien que ça allait arriver un jour ou l’autre de visiter un établissement de santé. Bien contente que ce soit au Québec! Oui, malgré mes critiques. Je me doute que j’en aurais eu d’autres à formuler si j’avais été ailleurs 😉

Reste juste à croiser les doigts pour qu’aucun autre d’entre nous doive se faire hospitaliser à nouveau.
Je touche du bois.

De la belle visite! Yé!

De la belle visite! Yé! Mais j’avais hâte qu’ils sortent de là pour avoir moins de risque de ramener la grippe, la coqueluche ou la gastro à la maison…

 

4 réflexions sur “Deux nuits dans un tout-inclus à Trois-Rivières

  1. Tant et aussi longtemps qu’on n’a jamais eu l’expérience d’avoir été hospitalisée, il est difficile de s’imaginer ce qui peut s’y passer et de quelle façon nous allons être soignée….

    • Oh! Je m’imaginais très bien au contraire comment ça pouvait être. C’est bien pour ça qu’on a pas tellement envie d’y aller 😉

  2. Concernant le menu, quand j’ai été hospitalisé, le menu était tellement abject (effectivement, sucre, sucre, sucre), je me suis donc déclaré juif et on m’a donné un menu Kasher. Très bonne bouffe genre saumon poché….

Laisser un commentaire