Deux semaines sur l’eau

Nous mettions Zenroots à l’eau et naviguions pour la première fois il y a deux semaines… déjà!

Oui, depuis que nous avons le bateau, nous trouvons que le temps passe vite. Habituellement, en voyage, nous trouvons que le temps s’allonge, les activités variées que nous faisons et la routine qui ne s’installe pas vraiment sérieusement font en sorte que nos journées paraissent toutes être un peu différentes l’une de l’autre. La variété allonge notre perception du temps qui passe. C’est notre conclusion!

Mais, avec le bateau à rénover, nos journées se ressemblent un peu plus. La routine s’est aussi installée : 1 mois et demi à la « Boat Yard » y est probablement pour quelque chose. Arrivée à 8h, départ à 17h, faire les courses les plus urgentes, aller au camping, souper, dodo. Eurk.

Nous en avions assez. J’en avais assez. Nous avons décidé de mettre le bateau à l’eau tout en sachant qu’il n’était pas tout à fait prêt pour y vivre « confortablement ». Entre guillemet parce que, bien que nous soyons beaucoup plus minimaliste qu’avant sur ce que le confort peut vouloir dire, nous trouvons la transition difficile entre notre confortable Bertha et Zenroots pour certains aspects. Disons qu’en deux semaines à y vivre, nous avons pu drôlement prioriser la liste des trucs à améliorer/arranger pour y être plus confortable, au moins un peu.

En le naviguant pour la première fois, nous avons aussi pu mettre à jour la liste des trucs à améliorer/arranger pour la navigation. Il n’est pas tout à fait « Cruise Ready » mais ça s’en vient bien. C’est ce sur quoi Alex a mis ses efforts pour que nous puissions repartir naviguer (oui, pendant que j’essayais d’améliorer l’intérieur… vous me connaissez bien). La deuxième navigation a super bien été! Sauf pour le mal de mer qui n’a fait que moi comme victime, tout de même une bonne moyenne familiale.

Notre routine sur l’eau s’est un peu installée bref. Beaucoup moins efficace qu’à la Boat Yard, probablement parce que nous tentons un peu plus d’apprécier le temps qui passe. Nos journées se déroulent vite. Le matin, le déjeuner prend plus de temps, la cuisine est moins fonctionnelle et il semble que ça ne nous tente jamais de nous y mettre. 😉
À 9h, il y a l’émission sur la radio VHF qui nous donne les nouvelles de la baie remplie de bateaux où nous nous trouvons (à Boot Key Harbor). Ça nous fait perdre pas mal de temps ça aussi mais, pour apprendre ce qui se passe, connaître ce qui se vend usagé dans les environs, etc etc., c’est un must pour l’instant. Nous faisons souvent un aller-retour sur la côte avec notre annexe pour aller au motorisé, à l’épicerie ou simplement vider le pot de pipi (j’y reviendrai!), la poubelle et le recyclage (Youppi!!!!). Nos allers-retours s’éternisent souvent assez longtemps… nous tentons de vendre des trucs de bateau ou des outils qui sont dans le motorisé ce qui ralentit parfois notre processus avec un acheteur qui se pointe.

Alors, nous faisons un pit-stop au motorisé. Le transfert de nos trucs est presque complété. Il manque encore certaines de nos provisions (les denrées achetées en gros), les cahiers d’école (ça ne fait pas partie de notre routine de toute façon ces temps-ci), nos vêtements chauds (ça fera sûrement partie de ce qui restera dans le motorisé lorsqu’il sera entreposé de toute façon). Puis, nous revenons au bateau et paf, nous ne comprenons jamais ce qui s’est passé mais la moitié de la journée est passée.

J’ai relevé le défi une journée de ne pas aller sur la côte DU TOUT. Ça n’a pas marché : j’ai voulu prendre une douche en soirée et c’est plus simple à la marina qu’au bateau (et voilà une autre chose). Tout de même, j’ai eu le temps de faire plus de trucs au bateau en y restant toute la journée.

Bref, en général, nous commençons à faire des travaux au bateau et le soleil se couche. Une journée de plus à rayer sur le calendrier. Oh là là. Déjà deux semaines. Et qu’un 3h de navigation de plus à ajouter à notre carnet de route. Au moins, nous avançons, nous apprenons, des tâches se rayent aussi sur nos listes.

Nous avons tout de même beaucoup appris en deux semaines.

  • Comment bien s’ancrer. Nos ancres (trois!!!!) n’ont pas très bien retenus le bateau une certaine nuit où le vent soufflait beaucoup. Hum… révision des techniques. Et achat d’un ancre avec une meilleure réputation (Rocna).
  • Un moteur deux temps consomme pas mal trop d’essence à notre goût, en plus de puer et de polluer. Dépense à venir.
  • Je suis maintenant capable de partir notre « viejito« , notre moteur deux temps qui pue! J’ai encore un peu de difficulté à prendre la bonne direction quand je suis à la barre, une dyslexie gauche/droite qui me suit depuis toujours. À ma défense, c’est quand même mêlant de tourner le gouvernail par là mais que ça tourne de l’autre bord!
  • C’est difficile de ramer face au vent… nous sommes ancrés tout près de la marina, c’est déjà ça : ça fait moins loin à ramer. Mais qu’est-ce qui a gagné face à la rame? Notre « viejito » transféré sur l’annexe! Par contre, il faut l’enlever du catamaran… ce n’est pas moi qui l’a fait mais ça n’a pas l’air amusant du tout à enlever et remettre. Alex n’est pas trop sûr mais moi je dis qu’on va en acheter un plus petit pour notre annexe. Les paris sont ouverts. Dépense à venir.
  • C’est fatiguant être sur l’eau! On se couche très tôt (les parents, pas les enfants qui gardent leur habitude de se coucher à 8h peu importe l’heure à laquelle ils se lèvent ou peu importe les activités épuisantes de la journée). Nous dormons bien généralement, c’est déjà ça. C’est seulement lorsque le vent souffle très fort que nous avons le sommeil léger (les parents, pas les enfants).
  • Avoir une cuisine bien organisée, c’est important! Priorité numéro 1 concernant les travaux intérieurs.
  • Par chance que notre bateau peut aller dans peu profond d’eau. Ce serait vraiment plus ardu pour nous de naviguer dans les Keys si ce n’était pas le cas. On peut aussi s’ancrer partout ce qui est vraiment, vraiment un atout dans les endroits (un peu trop) populeux. On peut s’ancrer à des endroits où personne d’autre ne peut aller.

Quand je dis que notre bateau peut naviguer et s’ancrer dans peu creux, en voici la preuve! Le héron blanc qui chasse à l’arrière est sur ses deux pattes, peu creux donc.

  • Côté navigation, en six heures au total avec les voiles au vent (ou au moteur), je réalise que je suis loin loin loin de pouvoir être autonome. Et Alex réalise aussi que nous en avons encore à apprendre. Nous continuons à nous informer auprès des autres capitaines ici, à lire, à regarder des vidéos, etc etc. Expérience pratique requise!
  • Toilette compostable! C’est un ajustement mais ça va plutôt bien. J’y reviendrai pour faire la suite de notre Histoire de m**** 😉
    (EDIT. Voilà, la suite est publiée : Brasser d’la marde. Le titre est évocateur mais notre conclusion reste la même : ça va plutôt bien.)
  • Nous réalisons tous les deux que c’est long et compliqué. C’est long sortir naviguer. C’est long se préparer le matin, c’est long sortir en annexe.
    C’est compliqué s’ancrer. C’est compliqué savoir comment placer les voiles, savoir par où passer, comment planifier ton trajet selon la direction du vent et se fier aux rapports météo. C’est tout un apprentissage pour nous, nécessairement tout nous semble pas mal compliqué. Et je n’ose même pas imaginer quand nous n’aurons plus de véhicule à proximité pour faire les courses!

La partie intéressante!

Vivre sur l’eau, bien que fatiguant et compliqué, est vraiment chouette aussi. C’est un nouveau monde qui s’ouvre à nous et nous le constatons déjà très bien. Léo qui s’exclame : « Wow maman, en seulement deux semaines on a déjà vu deux requins, des lamantins, des dauphins, une raie!!!!!! »

Oui, très très impressionnant. Vraiment.
Un petit requin-nourrice qui tourne autour du bateau quelques fois puis un autre plus gros le lendemain. Cette fois, Léo était suffisamment près (mais à l’abri sur le bateau!) pour voir ses yeux. Il jure que le requin l’a regardé!
Une raie-léopard qui nous incite à être zen simplement en l’observant onduler tranquillement.
Des dauphins qui attrapent leur repas à côté des bateaux.
De la bioluminescence encore mystérieuse pour nous.
Un lamantin qui me fait des coucous pendant que je fais la vaisselle, les enfants sur le toit qui s’exclament.

Lamantin qui monte prendre sa respiration.

Il ne nous reste plus qu’à imaginer la suite.

Le reflet de notre première pleine lune sur l’eau.

L’aube sur Boot Key Harbor. Ça se lève tôt ces enfants-là.

Charlotte a 6 ans! Premier anniversaire sur le bateau… et un gateau cuit dans la cuisinière du motorisé 😉 Va falloir être imaginatif pour les anniversaires à venir.

8 réflexions sur “Deux semaines sur l’eau

  1. Bravo pour cette première expérience ! Rien n’est facile la première fois, surtout pour la voile. Tout un apprentissage, mais rien n’est impossible. Avec votre détermination, votre persévérance et votre goût de l’aventure, vous finirez par tripper bien fort. xxx

  2. Vous avez toute mon admiration! Bravo! Je serais curieuse de voir l’intérieur de votre bateau maintenant que vous l’avez rénové. Est-ce que vous devez avoir un permis pour naviguer?
    Je vois des assiettes métalliques sur la photo de la fête de Charlotte, tu les as prises où? J’en cherche moi aussi…
    Charlotte a l’air de dépasser son frère en taille, c’est fou!

    • Au Canada, nous devons suivre un cours de sécurité nautique pour obtenir une carte de conducteur d’embarcation de plaisance. C’est similaire pour naviguer aux USA.

      Nous n’avons pas terminé les rénos dans le bateau! Mais j’ai bien hâte de faire des belles photos pour vous montrer ça. Ce sera un travail de longue haleine…

      Pour nos assiettes, nous les avons cherchées longtemps aussi! Nous en avions vu au Chinatown à Montréal mais, celles que nous avons avec nous, nous les avons acheté en Floride l’hiver dernier. Elles ne resteront pas en bon état si nous continuons de les utiliser dans le bateau par contre, je cherche autre chose de durable, résistant à l’eau salé et incassable. Un autre dossier à suivre 🙂

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