Libre comme l’air, version maison sur roues

Un projet a refait surface ces dernières semaines : partir en véhicule récréatif.Motorhome
C’est plutôt un projet de mon chéri mais l’idée me plaît bien aussi à certains égards. Une maison sur roues, comme disent les enfants, notre petit chez nous pour souffler un peu et se retrouver dans du connu, dans un petit confort qu’on se créera. Notre espace.
Il y a quelques semaines, comme pour apporter un peu d’eau au moulin de cette idée, nous avons rencontré une famille ayant quitté depuis mai 2015 leur vie bien rangée à Rimouski pour parcourir les routes avec leurs 3 filles et un (une?) 4e en production dans un motorisé classe C de 21′.

Vous connaissez le monde des motorisés?  Un classe A, ce sont les genres d’autobus voyageur (flat nose comme ils disent en anglais) de toutes les tailles… comme 40′ par exemple, aussi long que notre condo. Ceux de classe B, plus petit en général, un véhicule du style des mini-fourgonnettes mais parfois plus large et plus haut. Un Westafalia entre dans la classe B, par exemple. Un classe C, ce sont ceux avec une cabine dodo au-dessus de l’habitacle de conduite. Les français les appellent « avec capucine », j’aime bien cette appellation! Drôlement plus descriptive que notre façon nord-américaine de distinguer les différents modèles : classe A, B ou C. Plate. Et mêlant.

Bref, cette famille de 5 bientôt 6 vivent dans… hum… après une évaluation sommaire et de mémoire sans ruban à mesurer disons moins de 140 pieds carrés. Et ils aiment ça.
Un lit double dans la capucine pour 2, un lit sur la dinette pour 1 ou 2, un divan-lit pour 1.5 adulte, selon leurs dires, un lit par terre sur matelas de fortune quand rien ne fonctionne avec les mouvements et volontés de chacune. Deux petits ronds au gaz, un petit évier, une mini-douche, une toilette et… même pas de frigo. Ils n’utilisent pas le frigo. Moi qui voit mal comment nous pourrions réussir à vivre avec un frigo minuscule (par rapport à nos standards habituels), eux ont décidé de faire sans.

Ça m’a remis les pendules à l’heure sur mon idée de se simplifier la vie. Se simplifier la vie c’est aussi vivre avec 5 assiettes, 5 fourchettes, 10 morceaux de vêtements chacun (et je vous assure qu’ils étaient bien habillés, si si!). C’est aussi avoir internet de façon intermittente au gré des wifi gratuits ou des bibliothèques croisées en route. C’est faire attention à l’eau qu’on utilise parce que le réservoir se vide, contrairement à nos tuyaux branchés sans interruption sur le cours d’eau le plus proche. C’est prendre des douches dans les vestiaires de piscine et faire son lavage au fur et à mesure. Un tout autre style de vie. Du « downsizing » extrême.

Et la liberté ainsi gagnée! Oh là là! la liberté!

Nous étions censés se revoir le vendredi suivant pour un pique-nique de la non-rentrée scolaire (ils ont aussi choisi de faire l’école sur la route, leur plus vieille ayant 5 ans, elle serait normalement en maternelle). Puis, ils nous écrivent la veille :

« Bon! Il n’y a pas de dump à Mtl. On s’est rendu à Longueuil. Et tant qu’à être là, coup de tête! On s’en va vers Cape Cod!!!!!!!!!! Bon pique-nique demain! Tenez-nous au courant de vos plans voyage!!!!!! »

Il fallait sortir de l’île pour aller vider le réservoir d’eau noire et bon, tant qu’à y être, on va continuer notre chemin… Longueuil/Cape Cod, c’est à côté non? 😉
La liberté, j’vous dis!!
S’ils voulaient nous convaincre, ils n’auraient pas pu choisir mieux! Quand un geste vaut 1000 arguments.

On s’est donc mis encore plus à la recherche du motorisé parfait pour nous. Un aspect qui me dérange depuis le début : la consommation d’essence. On pourrait faire le calcul, une fois notre itinéraire connu, sur la quantité d’essence nécessaire pour notre voyage. Je suis assez convaincue que ce serait difficile d’atteindre la même quantité que quelqu’un qui travaillera à 40-50-60 minutes de chez lui toute sa vie et qui devra faire plus de 100 km de voiture par jour. Je me prêterai un jour au jeu, promis.

Malgré cette certitude, je ne serais pas bien avec l’idée de conduire une bête de la route qui consomme 30 litres au 100 km, soit 4 à 5 fois plus qu’une voiture. J’ai donc mis mes conditions. Ok pour un voyage en motorisé mais pas plus de 15 litres au 100 km. 10l/100 ce serait mieux. Alex étant lui aussi bien d’accord pour faire tout ce qu’on peut pour économiser les ressources de la planète, il a été prêt à relever le défi!

Mais le monde des motorisés nord-américains étant peuplé de Ford 350 (une bombe de moteur pouvant mener à bon port des autobus passagers de 40′), ils sont durs à trouver les petits économes en essence. Nous avons en fait deux choix :

  1. Acheter un Winnebago Le Sharo, classe B (sans capucine si vous vous rappelez bien de ma petite parenthèse plus haut). 21 pieds donc longueur parfaite pour pouvoir se stationner dans les villes en catimini (c’est la longueur maximale à plusieurs endroits dans les rues). Mini mais là vraiment mini frigo. Douche escamotable. 2 places pour dormir sur la dinette, 2 sur les bancs passagers qui se transforment en lit. Bref, aucun lit permanent. Nous serions assez serrés. Ça se fait. Nous avons vu un blog d’une famille de 4 qui habite dans un modèle similaire depuis 3 ans.
    Consommation d’essence : 14-15 l/100km. Années visées : 1988 à 1989, seules années où un modèle à transmission manuelle a été fabriqué. Qui dit transmission manuelle dit plus faible consommation d’essence, plus fiable, plus intéressant à conduire.
  2. Acheter un motorisé européen. Étrangement (oui trèèèèèès étrange), les motorisés européens consomment 10 à 15 litres aux 100 km. TOUS! (En tout cas, tout ceux que j’ai vu en effectuant mes recherches). C’est un des grands questionnements dans ma vie actuellement (et je pourrais même dire une frustration) : mais comment les européens peuvent bien réussir à concevoir des machines aussi énormes que nos classes C nord-américains tout en ayant une consommation d’essence jusqu’à 3 fois moins importante? Ils sont plus intelligents que nous ou quoi??!? Non mais.
    Les motorisés européens sont mieux conçus. Autant en design qu’en mécanique. Ils ont de plus grands frigos, 1 lit permanent dans la capucine et certains modèles ont même des lits superposés. Et ils ne sont pas beige ni brun : la couleur, argument de taille. En Europe, leur plus gros modèle de camping-car fait 7,6 mètres (soit environ 25′)… nous sommes loin des géants nord-américains de 40 pieds de long.
    Où pourrait-on dénicher un motorisé européen? Nous avons deux choix :

    1. Trouver une famille de voyageurs qui a fait transporter son motorisé ici pour visiter l’Amérique et qui le vend à la fin de son périple. Voyage qui finira en Uruguay ou au Chili, qui sait.
    2. Aller en Europe.

Les paris sont ouverts.

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