Ce que nous n’avons pas dit

Nous avons eu notre lot d’émotions fortes durant notre home-sitting d’un mois à Pierreville! Je ne vous ai pas tout dit dans ce texte où je vous racontais comment se passait notre première expérience de « gardiennage de maison et d’animaux ». C’est une histoire triste et je ne me sentais pas tout à fait prête, faut croire, à vous en faire part.

Ils avaient deux chiens.
Deux épagneuls. Belle et Bleck. Bleck était aveugle dû à un accident de chasse qui s’est passé il y a 9 ans. Un superbe chien noir qui connaissait par coeur les obstacles de la maison et du terrain où il habitait. Ses maîtres avaient beaucoup investi en temps et en argent pour le sauver et l’habituer à sa nouvelle vie sans vision. Il allait et venait au gré de ses envies sur le terrain et, si vous ne le saviez pas, vous auriez bien pu croire que c’était un chien qui voyait aussi bien que vous et moi. Sauf que, si vous vous trouviez sur son chemin, en silence, il pouvait vous foncer dans les jambes. Il fallait s’annoncer, lui parler, lui faire savoir que nous étions là.

Ça me faisait chaud au coeur de le voir courir sur le terrain. Je me faisais un plaisir de voir comment il se débrouillait au quotidien! J’ai toujours eu une fascination pour les gens qui avaient perdu le sens de la vue que j’ai toujours considéré comme l’un des plus importants avec l’ouïe et la parole.

Bref, ça ne m’effrayait pas le moins du monde de m’occuper de Bleck qui, malgré son handicap, se débrouillait très bien.

Mais un accident fatal est arrivé.
La veille du départ de ses maîtres.
Il a fait une vilaine chute dans les escaliers lorsqu’ils étaient partis pour un repas d’au revoir chez des amis. Il n’a jamais pu utiliser ses jambes arrières suite à sa chute. Ils ont dû le faire euthanasier cette nuit-là, quelques heures avant leur départ.

Dès que je l’ai vu tomber, la culpabilité s’est emparée de moi. C’est moi qui l’ait fait sortir, j’ai ouvert la porte, je l’ai vu tomber puis crier de douleur ensuite. Alex est venu le chercher pour l’emmener à la maison et voir ce qu’on pouvait faire. Nous avons rapidement conclu qu’il fallait appeler ses maîtres.
« Et si je n’avais pas ouvert la porte à ce moment-là? Si j’avais attendu un peu? Et si Belle était sortie après Bleck? Et si… et si… et si… »

Et s’il était tombé quand ses maîtres étaient à des milliers de kilomètres de lui?
J’y ai pensé à ça aussi. Bien sûr, ce n’était pas le bon moment pour ce genre d’accident, ce n’est jamais le bon moment! Mais je me dis tout de même que ça aurait été drôlement pire si ses maîtres étaient partis. Vous vous imaginez leur expliquer ce qui se passe au téléphone quand ils ne peuvent pas voir leur chien? Devoir prendre des décisions sur le champ, sans nécessairement savoir ce que eux auraient fait parce qu’on n’arrive pas à les rejoindre. Devoir leur communiquer les mauvaises nouvelles.

Depuis, je me questionne sur ce que ça implique avoir un animal ou s’occuper des animaux des autres. C’est impliquant faire du home-sitting avec animaux, plus que je ne me l’étais imaginée. Tout peut bien se passer aussi mais quand ça tourne mal, ça peut vraiment aller mal. Une chose est sûre, ça met en lumière que c’est important de mettre les choses au clair avec les propriétaires : « on fait quoi si…? ». Nous l’avions fait oralement et nous avons toujours senti que les propriétaires nous faisaient confiance… même suite à ce malheureux événement.

Nous tenons d’ailleurs à les remercier de leur générosité, amabilité et confiance.
Vous pouvez être sûrs que nous nous souviendrons toujours de Bleck. Et de Belle, de Lulu, des chats (le vôtre et les petits 😉 ) et des guppys.
Des maudits français aussi! xxx

Repose en paix Bleck. Tu as eu une belle vie.
bleck et belle

6 réflexions sur “Ce que nous n’avons pas dit

  1. Ouf ! que d’émotions. Dans cette malchance, il y a eu une chance…que les maîtres n’étaient pas partis. Il faut surtout pas ruminer les « si  » . Il faut tourner la page. Je me dis que les choses n’arrivent jamais pour rien. C’est sûr que c’est bouleversant, je vous souhaite d’être capable d’aller de l’avant, que cette mauvaise expérience ne vienne assombrir les mois à venir. Bonne chance.

  2. Tu as réussi à me refaire pleurer …Mais rassure toi avec Angeline ont sait très bien que cela a été un accident et ont vous remercie encore d’avoir pris soins de belle du chat de lulu et des poissons
    Je pense encore souvent à mon blekounet
    Mais je sais que je ne le reverrais plus
    Alors je m’occupe un peu plus de peppette car elle aussi à été perturber

    De gros becs à vous 4 ….
    Merci encore

    • Oh là là. Mon but n’était pas de te faire pleurer. Mais je sais que la peine est encore vive, il faut laisser couler la vie, un jour à la fois et la tristesse deviendra un souvenir.
      Merci pour tes bons mots. xx

  3. Bonsoir a vous quatre , c’est triste se qui est arrivé à ce Bleck, mais c’est une malheureuse accident, ne t’en fais pas.
    A bientôt !
    Marc-André

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