Passage (trop) rapide au Texas

Lors du dernier épisode, vous avez appris que nous nous sommes rendus à Baton Rouge en Louisiane pour voir un ami québécois établi dans cette ville avec sa famille. Un brunch en matinée alors nous avons continué notre route le jour même vers l’ouest.

En Louisiane, à Hayes. Lorrain Park, petit camping à 12$ la nuit! J’avais besoin de tranquillité après une nuit à Baton-Rouge 😉 Il y a définitivement des alligators là-dedans mais nous n’en avons pas aperçu!

Prochain stop prévu

Dans mon nouveau plan d’itinéraire, suite à mon deuil du Colorado, je me suis souvenue que nous voulions visiter une communauté près de Austin au Texas où plusieurs familles se sont établies. Un genre d’éco-village fondé dans les années 60.  J’avais initialement pensé y aller à la fin de notre périple sur le chemin du retour mais voilà qu’on allait devancer cette visite. J’avais communiqué avec un des premiers membres de cette communauté (établi là-bas depuis le début des années 70, tous ces enfants y sont nés et il y a enseigné dans les années 80). Dave m’avait mentionné qu’il y avait une quinzaine d’enfants y vivant, qu’il y avait une école, un jardin, une piscine,…  Nous pouvions y rester pour 200$ par mois! Je trouvais que c’était bien prometteur, presque trop beau pour être vrai.

L’idéal était d’y arriver un mercredi puisque la communauté tenait un pot-luck ce jour-là et que notre introduction à ses membres se feraient plus facilement. Soit! Nous avions donc quelques jours à tuer… que nous avons passé à la plage. Ça adonnait bien, il faisait chaud et l’eau du Golfe du Mexique n’avait pas encore trop trop refroidie 🙂

Je pensais y passer deux nuits mais finalement, un pneu à plat nous a un peu contrarié. Ne sachant pas trop la complexité du problème, nous avons décidé de devancer notre départ de la plage : pour en sortir, il fallait tout de même que nos autres pneus résistent à la pression de notre grosse Bertha. Il fallait qu’ils résistent au poids qui était maintenant réparti que sur 3 pneus arrière plutôt que 4…

Un garage tout charmant, allure vintage.

Finalement, une valve à changer, rien de majeur! 25$ et un repas tex-mex au resto du coin plus tard, on décide de continuer notre route. Bye bye la plage! On ne reverra l’océan qu’en Californie dans ce voyage! C’est différent de nos dernières destinations où l’océan a toujours eu une place de choix!

La communauté

Nous sommes bien accueillis par Dave qui nous croise par hasard, marchant dans le chemin de terre. Nous nous demandions si nous avions atterri au bon endroit alors Bertha nous attendait bien sagement sur le bord de la route. Il y avait un pont pas trop rassurant à passer pour s’engager plus loin dans la propriété alors on a préféré demander avant de l’emprunter avec notre grosse Bertha de plus de 5 tonnes!!

LE fameux pont. Pas beaucoup plus large que les doubles roues arrière de notre motorisé, je vous le jure! Mais Dave nous l’assure : oui! on peut passer par là.

Des gens bien sympathiques y sont résidents. Des enfants effectivement. Une trampoline que Léo et Charlotte se sont empressés de tester dès leur arrivée. Des chèvres dont des bébés trop trop trop mignons!!!

On a toutefois un peu déchanté quand on s’est aperçu que la plupart des enfants allaient à l’école de la ville voisine et n’étaient pas « homeschoolers » (ie. enfants qui font l’école à la maison) comme je l’avais cru. Il y a effectivement un bâtiment « communautaire » qu’ils nomment leur école mais elle est utilisée que pour deux demi-journées par semaine pour des activités avec les plus jeunes (d’âge préscolaire) qui restent à la communauté le jour. Durant la majorité du temps que nous avons passé là, Léo et Charlotte se sont amusés seuls… les enfants étant tous dans leur maison ou à l’école à l’extérieur de la communauté. On n’a donc pas trouvé l’esprit de communauté qu’on recherchait là-bas…

L’ancienne cour d’école. Il y a déjà eu une école où les enfants venaient en autobus (et oui, l’autobus passait par le petit pont  O.o !!!) mais le bâtiment a brûlé en 1995… dommage! L’école n’a jamais été reconstruite. C’est un autre bâtiment qu’ils appellent aujourd’hui « l’école ».

Puis, ce n’est pas en très bon état comme endroit. Des gens sympathiques mais des ramasseux, pour le dire poliment. Certains membres de la communauté (ou anciens membres) ont cru que c’était une bonne idée de laisser leur ancien RV, autobus scolaire aménagé ou voiture pourrir sur place. Au moins une vingtaine de véhicules en mauvais état, incapable de rouler et donc de sortir de là par leur propre moyen. Des trucs partout. Des maisons brinquebalantes faites de matériaux recyclés (ça, ça m’avait paru très cool par écrit mais, une fois sur place, je peux témoigner que nous n’avons pas tous la même définition de maison 😛 ).Bref, je me sentais dans une cour à scrap. Ce n’est pas bon pour ma zénitude ça. Si nous étions resté, j’aurais eu envie de faire le ménage de chaque endroit où je posais les yeux…

Lors de notre conseil familial, nous avons décidé  à l’unanimité de continuer notre route. On n’est pas resté aussi longtemps que je l’aurais cru. Un autre deuil… j’aurais bien eu envie que ça fonctionne!

Vers l’ouest!

Nous ne passons par Austin qu’en périphérie en faisant du boondocking chez un jeune couple qui, pour reprendre le slogan de la ville, adhère parfaitement au principe de « Keep Austin Weird« ! Plusieurs étrangetés nous ont accueilli chez ce couple sympathique (mais je n’ai aucune photo qui vaille la peine d’être mise ici 😛 ).

Le froid nous y a aussi rattrapé… je ne m’imaginais plus sur la plage à ce moment-là! Brrrrr!

On s’arrête à Fredericksburg où nous visitons une ferme de fleurs sauvages : Wildseed Farms. Un ferme de graine sauvage pour traduire mot à mot. Étrange, non? Ils vendent des graines de cosmos, de zinnia, des fleurs natives du Texas,… Des champs sont encore tout fleuris. En tout cas, ça donne des idées pour un autre beau projet!

Un champ de cosmos!

Grâce au service HarvestHost, on apprend qu’un vignoble du coin offre leur stationnement pour les motorisés voulant y dormir pour la nuit. En échange? On leur achète un produit. Nous voilà donc Alex et moi à trinquer dans un vignoble au Texas… c’est en fait plutôt un endroit où déguster leur vin (on a le choix : ils embouteillent une cinquantaine de sortes de vin!) que le vignoble en tant que tel puisqu’ils n’y fabriquent pas le vin et qu’ils n’y ont que quelques vignes en démonstration, leur véritable vignoble étant ailleurs, moins accessible au public. Bon… on a tout de même apprécié notre passage. En prime, ils nous laissent le verre à vin! Le premier dans notre Bertha 😉

À déguster : 7 vins pour 12$. N’étant pas une grande fan de vin, nous avons partagé un forfait dégustation à deux!

Fredericksburg est une ville touristique à la St-Sauveur, belle et charmante mais un peu artificielle. Faite pour plaire aux touristes, bref. On ne fait qu’y passer… ce n’est pas pour nous même si je suis sûre qu’on aurait pu y faire des découvertes intéressantes.

On aime les vieilles bâtisses style saloon!

Et ce drapeau dont ils sont si fiers… des deux côtés de la rue pendant au moins un mile à la sortie de la ville!
(et me voilà qui pense en mile maintenant… :/ )

La halte routière surprenante

Sur la route Interstate 10, il y a beaucoup d’aires de repos. Nous n’en avons visité qu’une et elle était exceptionnelle! Près de Fort Stockton dans le comté de Pecos : ici très exactement. Un petit musée, un centre d’interprétation, des sentiers d’identification, un module de jeu tout neuf. Tout ça sur le bord de la route. Impossible de dire si toutes les aires de repos ressemblent à celle-ci mais elle vaut bien un arrêt si jamais vous passez par là! On y apprend le nom des plantes et l’histoire géologique de la région, entre autres.

The Lone Star State! Le slogan du Texas. C’est la devanture de l’aire de repos qui est très design.

On est averti au moins! Mais par les journées fraîches que nous apportent l’automne, on a très très peu de chance (ou de risque? c’est selon…) d’en voir!

Dans le sentier près de l’aire de repos.

Toujours dans le sentier! Photo de Léo qui a eu l’oeil : cette fleur est superbe! Et toute délicate.

Le levée du soleil sur les montagnes entourant l’aire de repos.

Et là, c’est ici que j’aurais dû commencer à prévoir un changement de route. Nous nous dirigions vers El Paso, tout à fait à l’ouest du Texas, pour acheter des batteries de rechange pour notre motorisé (finalement, on n’en a même pas trouvé mais c’est une autre histoire).  Si j’avais bien regardé ma carte des points d’intérêt, des « must » sur notre route, j’aurais vu que Carlsbad Caverns était à 2h de là… mais je ne l’ai pas remarqué. Ayant comme objectifs nos batteries je suppose 😛
On ne repassera  finalement pas par là puisque, de où nous sommes rendus au moment d’écrire ses lignes, ça représente un détour de 8h et je n’aime pas beaucoup revenir sur nos pas! Malgré tous les bons commentaires qu’on a eu sur ce parc national où on peut découvrir des grottes majestueuses. Mais bon, il faut bien s’en garder pour un prochain voyage 😉
Cap vers l’ouest!

La route est belle…

Magnifiques montagnes au loin et tout autour. On suit un camion… ça aide notre consommation d’essence!

Magnifiques montagnes encore… dont quelques-unes coupées en deux…

On va vers Dallas?

Des champs de coton! Nous en avons vu plusieurs sur notre route à partir du Mississippi (sur la Natchez Trace d’ailleurs). C’est impressionnant de voir des champs majoritairement blanc et à l’aspect duveteux. Ils font aussi de gros ballots comme les guimauves de foin chez nous!

El Paso

En banlieue de El Paso, pour notre arrêt dodo, nous avons profité d’un autre HarvestHost : une fromagerie mexicaine cette fois-ci avec plein d’animaux dans leur cour arrière.
La frontière avec le Mexique étant juste à côté, il y a beaucoup d’hispanophones dans ce coin des États-Unis. Nous avons d’ailleurs rencontré une québécoise dans notre quête au Costco pour l’achat de nos nouvelles batteries qui a travaillé au Mexique à Ciudad Juarez pour Bombardier pendant 15 ans, elle et son mari habitent à El Paso et ils traversaient la frontière soir et matin. Je ne peux pas trop m’imaginer ce rythme de vie… mais Ciudad Juarez au Mexique n’est pas, selon elle, un endroit où c’est agréable d’habiter. En tout cas, simplement en passant sur la route frontalière, on peut apercevoir la ville de l’autre côté du Rio Bravo (qui marque la frontière Mexique-USA) et elle est drôlement plus dense et peuplée que du côté des États-Unis : c’est en effet la sixième ville la plus peuplée du Mexique. Il y a eu beaucoup de violence il y a un peu moins de 10 ans, rien de reluisant. L’armée y a été déployé depuis et ça semble s’apaiser. Pas étonnant que beaucoup de mexicains veuillent s’établir de l’autre côté de la frontière!

Mais pour revenir à la fromagerie que nous avons visité, j’ai pu pratiquer à nouveau mon espagnol puisque que c’était la langue parlée majoritairement. Évidemment, les enfants eux en avaient que pour les animaux 😉

Un dromadaire n’a clairement pas rapport dans une ferme laitière… du lait de dromadaire?! impressionnant quand même comme animal.

God Bless America!

Pixie s’est fait de nouvelles amies! Les vaches la suivaient du regard sans arrêt! Trop drôle.

El Paso a marqué la fin de notre traversée du Texas. La visite de cet état s’est fait un peu trop rapidement à mon goût quand j’y repense mais c’est comme ça. C’était le temps de la chasse et les parcs d’état étaient ouverts aux chasseurs. Les places de camping étaient rares dans ces parcs et ils ont même été fermés plusieurs jours durant notre traversée (pour permettre aux chasseurs de s’adonner à leur loisir). Le boondocking, à part sur les plages où il est permis à plusieurs endroits, n’est pas très populaire dans cet état et je n’ai pas cherché plus que ça à m’éterniser pour tous ces facteurs.

On reviendra peut-être, qui sait 😉
En même temps qu’une prochaine visite à Carlsbad!

 

2 réflexions sur “Passage (trop) rapide au Texas

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