Petits deuils

La maison se vide tranquillement.

Les murs sont vides. En fait, il reste les vis… ou les trous de vis. Plein de petits trous qui permettent à ma mémoire et à mes souvenirs de refaire surface quand je regarde mon mur vide. Je me rappelle l’histoire de mon grand miroir trouvé dans un appart de la rue Boyer où habitait un homme ayant gagné le gros lot à la 6/49 (pour vrai!). Il s’est acheté une maison en banlieue de Montréal et EXIT le miroir fabriqué dans une vieille porte à carreaux. J’en profite pour le remercier d’avoir pris la décision que ce miroir n’allait plus dans sa nouvelle maison avec sa nouvelle déco!
Ou alors, ces trois toiles remplies de couleurs chaudes peintes avec mon amoureux quand on avait le temps de faire des projets artistiques ENSEMBLE… avant d’avoir des enfants donc.
Ou les deux magnifiques paysages abstraits d’Alex qui se demande encore comment ça qu’il a autant de succès avec ces deux toiles-là.
Ou ma thangka tibétaine achetée à Dharamsala qui me rappelle de beaux souvenirs de cette partie de l’Inde.
Bref, je me remémore des pans entiers de ma vie, de notre vie de famille, grâce à des trous.

Nos décos favorites sont chez des gens que nous apprécions qui les accrocheront (peut-être! Envoyez-nous des photos pour qu’on voit ça 😉 ) dans leur nid douillet pour qu’elles soient appréciées par d’autres.
Nous préférons que le peu de choses que nous gardons soit utilisé plutôt que ça prenne la poussière dans le sous-sol de ma maman adorée. Elle gardera pour nous de plus gros morceaux, nos commodes en bois, qui serviront aussi de rangement pour les petites choses que nous garderons chez elle.
De petites choses qui ont, elles-aussi, une histoire. Une histoire qu’on ne peut pas remplacer en achetant chez Ikea.

Mes premiers morceaux de vaisselle que ma tante Joanne m’a donnés lorsque je suis partie en appart, par assiette casséeexemple. J’ai eu tout un dilemme avec ces assiettes vertes! Je les garde ou non? Et justement, j’en ai brisé une l’autre jour. Sentiment étrange : « Bon, une chose de moins à débarrasser! Yé! » Tu as déjà été content, toi, de casser une de tes assiettes préférées? Aujourd’hui, décision finale : j’ai mis les assiettes restantes dans une boîte. Pas n’importe quelle boîte : une ancienne boîte en bois de Coca-Cola. D’une pierre deux coups. Ma vaisselle à valeur sentimentale dans ma boîte à valeur sentimentale. Du coup, j’ai l’impression d’avoir réglé deux problèmes dans ma journée. Yé!

À part notre maison qui se vide rendant notre départ de plus en plus concret (je vous jure qu’il y a des jours où je n’y crois pas encore!), des deuils à grandeur humaine nous font réaliser tout ce qu’on laisse derrière nous.

Demain, c’est le dernier jour de Charlotte au CPE. Mon petit doigt me dit qu’on ira y faire un tour (ou des tours!) dans un avenir rapproché, peut-être même avec le motorisé que Charlotte pourrait faire visiter à ses amis Loups de mer! Mais bon, demain, je sais que je serai émotive. Ce n’est pas n’importe quel CPE ou n’importe quelle garderie pour moi. Ce sont mes anciens collègues, qui sont devenus de bons amis, que je verrai moins fréquemment. Les (longues) discussions dans le cadre de porte du bureau de Linda me manqueront! Les petits coucous rapides aux éducatrices (et éducateur) aussi.

Samedi, ma mère viendra nous rendre visite à Montréal. Je suis déjà nostalgique de ces journées passées ensemble à papoter, à cuisiner, à regarder des trucs sur internet. Et surtout, surtout à la voir jouer avec les enfants. Ces moments-là vont me manquer. Beaucoup.

Pleins d’autres personnes aussi.
Des sourires et des accolades, je vous en enverrai plein.
Nous allons reprendre nos habitudes, autrement, pour garder un contact vivant. Avec un rendez-vous sur Skype ou avec un aller-retour pour une visite de 2 semaines peut-être 😉

Coût d’opportunité

Un peu nostalgique ce soir.
Lundi, nous partons.
Lundi, nous signons la vente de la maison. Cette maison qui est FINALEMENT à notre goût, on la vend.

C’est étrange la vie tout de même. Nous avons envie de bouger, de vivre quelque chose de nouveau, de découvrir le monde (ou une partie du moins!), de le faire découvrir aux enfants. Nous avons soif de liberté. Nous avons envie de vivre notre vie différemment. D’être nomade. Depuis que je suis toute petite que j’ai ce rêve de voyager et de voir le monde. Je ne m’étais pas imaginée que je pourrais réaliser mon rêve de cette façon, avec ma famille, avec une maison sur roues.

Malgré ce rêve à portée de main dans moins de 4 jours, l’excitation se mêle à la tristesse. Une dualité parfois difficile à vivre. C’est complexe la vie tout de même.
Un coût d’opportunité entre presque obligatoirement en jeu, une notion d’économie applicable à mon état d’esprit : quand on fait un choix, on renonce à certaines opportunités.

De petits deuils à vivre puisque j’ai fait le choix de réaliser mon rêve.

Votre chaleur et vos sourires, nous les gardons dans notre coeur.
Gros câlins et beaux souvenirs pour estomper mes petits deuils.

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