Poulets sauce arachide

Voilà, les coqs ne nous réveillent plus le matin.

C’est dimanche, officiellement le jour de congé sur la ferme, que le propriétaire s’est décidé. Tout comme nous, il a de la difficulté à rester en congé toute une journée…

Selon Joseph, le propriétaire, égorger des poulets avec un couteau de cuisine bien affuté est moins sadique que ce qui se passe dans la nature. C’est qu’il en a vu des oiseaux morts, ou plutôt des restes d’oiseaux morts, sûrement attrapés par un renard ou un raton. C’est tout un carnage, aucune photo à l’appui mais je le crois sur parole.

Première chose à savoir pour nous enlever la romantique idée d’avoir des poules en liberté en Floride : les aigles les surveillent de haut les poules en liberté. Donc, ce n’est pas vraiment un bon plan. Une poule fait un bon repas pour des oiseaux de proie!

Je n’aurais pas penser aux aigles comme prédateur… mais je les ai bel et bien vu survoler la ferme, il faudrait probablement que les poules aient la taille d’une dinde pour qu’un aigle ne s’y attaque pas.

Deuxième prédateur : les ratons. Ils sont brillants les ratons.  Il faut même protéger par un grillage les poissons rouges dans le petit étang dans le jardin. Sinon, les ratons approchent leur main de l’eau comme s’ils allaient les nourrir et zoup! ils attrapent les poissons! Pour les poules, ils se prennent en gang : un fait peur aux poules qui s’en vont dans un coin et zoup! un autre les attend et en attrape (au moins) une par le cou. Et c’est le carnage. Bien sûr, il n’arrive pas à sortir la poule de là par un trou dans le grillage donc, il grignote. Je soupçonne une mort lente pour cette pauvre poule attrapée dans un coin!

Troisième prédateur : les renards. Je n’ai pas appris leur méthode à ceux-ci. Mais comme les renards ne sont pas non plus Houdini, ils ne réussiront pas à sortir la poule par un trou du grillage donc, j’imagine qu’ils grignotent eux-aussi. Laissant les traces de leur festin dans le poulailler.

Quatrième prédateur : des pittbulls. Quand on a le dos tourné, uniquement.

Cinquième prédateur : les serpents qui se faufilent par un trou du grillage pour avaler goulument 1, 2 ou 3 oeufs. Après, si tu le prends la main dans le sac, ou plutôt, la queue dans le poulailler, ça doit être assez rigolo : il a 1, 2 ou 3 bosses. Dépendamment de sa gourmandise du moment, il peut avoir de la difficulté à avancer… si c’est le cas et qu’il se sent en danger, il recrache les oeufs. Hum! Bon appétit!

Ces cinq prédateurs sont donc les principales raisons du travail à effectuer sur l’ancien poulailler qui montrait quelques déficiences au niveau de la sécurité : trous dans les grillages, espace non-protégée entre les poteaux et la porte, grillage trop gros dans le bas, … Les gars ont aussi ajouté un mur au poulailler à l’endroit où les poules pondront leurs oeufs. Peut-être que les serpents seront moins tentés que s’il s’agissait d’un simple grillage?

Sixième prédateur : les humains. Le plus important, sans aucun doute. Dans le monde, plus de 50 milliards de poules et coqs sont tués à toutes les années pour nourrir les humains. Ça en fait du poulet 🙁

La bonne nouvelle, c’est que cette viande est plus écologique que le boeuf à « produire » : 28 fois moins de terre agricole est nécessaire, 11 fois moins d’eau et 5 fois moins de gaz à effet de serre est produit. C’est déjà ça! Imaginez-vous si c’était l’inverse! Certains scientifiques affirment que de délaisser la consommation de boeuf aurait plus d’impact sur les gaz à effet de serre que de délaisser nos autos! Alors, faites comme nous, ne mangez plus de boeuf… c’est un petit effort pour nous mais un grand plus pour la planète. Je vous jure, ça ne me manque pas du tout les steaks et les hamburgers au boeuf : un bon hamburger végé, miam, ça par contre ça me manque! Mais non, nous ne sommes pas encore 100% végétarien. Il y a en général un poulet par semaine qui se glisse dans notre alimentation qui est plutôt basée sur les lentilles et les fèves. Rice and beans! C’est économique en plus. Le poulet nous tente de moins en moins… mais nous resterons toujours flexible sur notre alimentation, je crois. Et puis, si on continue notre comparaison, produire des légumes prend 8 fois moins de terre agricole qu’un poulet et produit jusqu’à 7 fois moins de gaz à effet de serre. C’est encore mieux!

Mais revenons à nos moutons… ou à nos poulets! Malgré cette plus faible empreinte écologique, la quantité de poulets tués à travers le monde reste faramineuse.

Cinq saints coqs

Sur huit survivants dans la vingtaine de poussins arrivés à la ferme il y a quelques semaines, cinq étaient des coqs. Les trois pauvres petites poules commençaient à trouver le temps long! Se faire monter dessus à longueur de journée, ça ne doit pas être la joie. Puis, c’est bruyant cinq coqs qui essaient tous, chacun leur tour, de prouver aux quatre autres coqs que c’est lui le plus fort et le meilleur chanteur! De jour en jour, je comprenais toujours mieux l’expression « faire son coq ».

Par excès de vantardise, ils sont passés au bistouri.

Ce dimanche. Jour du Seigneur, je ne sais pas si c’est un hasard. Je n’ai pas entendu de prière… mais je crois connaître suffisamment les membres de ma famille pour écrire que nous avons tous eu une belle pensée pour eux. Reposez-en paix, saints coqs.

Je n’étais pas sûre d’assister à la saignée. Les enfants voulaient. Et mon esprit de photographe aussi, je suppose, pour pouvoir documenter le tout, au moins un peu. Je voulais surtout être là pour les enfants et les aider à comprendre ce qu’on faisait aux petits coqs qu’ils se sont amusés à nourrir depuis notre arrivée.

Malgré que j’aie pris des photos, je n’en mets pas en ligne. Le processus est moins sadique lorsque nous sommes sur place qu’il semble l’être sur les photos que j’ai prises. Je préfère donc m’abstenir. L’unique chose que j’aurais aimé vous montrer, c’est l’étape du déplumage… c’était assez comique à voir, malgré tout. Comme une grosse bataille d’oreillers…
Mais les photos ne rendent pas du tout justice à l’effet cocasse!

Nous avons appris beaucoup et je sais maintenant que je ne tiens pas à tuer des poulets si jamais nous avons un petit lopin de terre un jour. J’aimerais bien avoir des oeufs frais par contre alors une question subsiste : qu’est-ce que je ferais des poules le moment venu? Je les laisserais courir dans la nature où le processus est encore plus sadique? Je les laisserais mourir de leur belle mort, probablement… une vieille poulette caractérielle fera peut-être partie de nos animaux de compagnie un jour, qui sait!

La conclusion de Léo : « Je trouve ça triste et violent. Dans le fond, on n’a pas besoin de manger du poulet! »

Et un autre pas vers le végétarisme. Remarquez qu’ils ont été bien contents de manger du poulet sauce arachide préparé le lendemain soir par notre chef Manu, un des québécois arrivé il y a quelques jours à la ferme!

Une chose est sûre, les poulettes sont très tranquilles maintenant. L’une d’elle prépare son nid. Charlotte et Léo surveillent ça de près!

4 réflexions sur “Poulets sauce arachide

  1. Justement je fait du poulet pour le souper de ce soir! Je pensais pas que la vie de poule était si dangereuse en Floride, je n’avais pas pensé aux aigles…
    C’est un plaisir de lire vos aventures!
    C’est quoi votre meilleure recette de « rice and beans »?

    • Il y a tellement d’animaux sauvages ici… ils n’ont pas besoin de s’acclimater à l’hiver alors, il y a plus de diversité j’ai bien l’impression.
      Pour le rice and beans, on improvise des recettes je te dirais. En fait, c’est surtout la cuisson des fèves qui est importante et le choix des fèves, selon notre goût. On prend souvent des fèves noires. Les fèves noires sont plus riches en anti-oxydant (ça c’est mon chum qui te dit ça 😉 ) Nous prenons aussi parfois des pinto. On les fait tremper 12 à 24 heures. Puis, pour la cuisson, on met un peu de légumes dans les fèves, surtout des oignons mais parfois aussi des carottes, céleri, etc. Puis, on fait du riz! Simple simple!
      On mange aussi les beans parfois avec des tortillas de blé ou de maïs. Pour celles de maïs, il faut les faire revenir dans un poêlon quelques minutes de chaque côté, quand elles sont grillées, hum que c’est bon! Puis, faire fondre du fromage dessus.

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