Rayons les villes ou comment faire des compromis

En revenant de la Côte-Nord en août dernier, j’ai eu la fabuleuse idée d’arrêter à Québec. La ville. Encore.

Je me disais : « Nous y avons été plus qu’une semaine et nous n’avons même pas mis les pieds proches du Château Frontenac! » Il fallait que je fasse quelque chose pour réparer ce manquement à ma tâche.  J’ai même trouvé deux sorties pour motiver mes troupes : une rencontre avec une famille partant en bateau et un spectacle de cirque… gratuit en plus! De quoi satisfaire toute ma bande que je me disais. Pour moi, même si je voyais le Vieux-Québec que brièvement, j’allais pouvoir faire un crochet sur ma liste de choses à montrer aux enfants pour qu’ils soient plus cultivés.

Un cauchemar.
Ça été un cauchemar.

À peine arrivé dans les rues étroites, près de la marina (et près de l’Agora du Port de Québec, en prime, où était présenté le spectacle!), le problème numéro 1 se pose : le stationnement de notre grosse Bertha. Nous étions même prêts à prendre un stationnement payant.
Pas trouvable. Mais je ne baisse pas les bras. Je veux visiter Québec, BON!

Je demande à un employé d’un stationnement où nous pourrions aller, il veut m’envoyer à un stationnement exprès pour les motorisés (sans service) offert pour la modique somme de 70$ pour 24 heures! Non mais… la ville de Québec se prend pour les Keys ou quoi?! Ça frôle le ridicule.

À ce prix-là, on se dit que nous préférons nous stationner dans la rue, même si nous risquons d’avoir un ticket. Nous nous informons : les contraventions de stationnement à Québec sont de 42$. Avec toute ma logique, je démontre à mon homme que nous sommes gagnants. Affaire conclue… il accepte le risque.

Nous nous stationnons donc sur un coin de rue, nous dépassons à peine des lignes… si nous ne tenons pas compte des pare-chocs et du support à vélo et des quatre vélos qui dépassent allègrement. Pas de découragement, ma logique de stationnement tient encore la route.

Nous procédons à la prochaine étape : préparer la troupe. Dîner, collations, retour sur la carte de la ville… les nerfs à vifs, du rouspètage, la patience à moins mille. Le stress d’une ville, ça parvient à passer à travers les murs de notre maison. Ça met sur le qui-vive, les émotions prêtes à exploser. La patience à moins mille et un.

Je ne sais pas ce qui m’a fait lâcher prise exactement. Il y a eu un déclic. J’ai eu envie de simplicité tout à coup, de ne pas être à contre-courant. De suivre le flot de ma famille. Je me suis rappelée à ce moment-là qu’ils n’aiment pas ça, eux, visiter les villes.  Je m’étais dit que, pour une fois, nous allions y arriver. Mais j’ai lâché-prise.
 » Ok, j’ai compris. On part. »

Encore du chialage et du rouspètage. Pas contents d’être là, pas contents de partir.  Définitivement, les transitions ne sont pas faciles. « Prenez une bonne respiration les enfants, tout va bien aller. On s’en va voir grand-maman plus tôt que prévu. »
Cris de joie.

Je mets donc officiellement une croix sur le tourisme dans les villes. La prochaine fois que ça me passe par la tête, je n’en parlerai même pas. J’attendrai de faire un voyage sans motorisé à stationner. Un voyage avec de grands enfants qui ont envie de voir l’architecture, des musées, name it! J’attendrai que ça vienne d’eux.

Pour l’instant, à nous la nature, les animaux, la plage, les champignons! Un petit deuil pour moi mais, pour le bien-être de ma famille, je vais faire ce compromis.

Puis, je n’ai pas vraiment de listes à cocher de toute façon… des choses à voir, il y en a partout où l’on regarde…
Ah pis j’irai à Austin ou à Boulder sans cette bande de fatiguants-là! BON! Un petit voyage quelqu’un?

2 réflexions sur “Rayons les villes ou comment faire des compromis

  1. Ben oui, gâtes-toi! La petite visite d’une ville avec une amie pour te faire plaisir, sans enfant ni chum, ça peut juste faire du bien! C’est un privilège d’être 24h/24h avec sa famille mais ça peut aussi devenir lourd de faire souvent passer les autres en premier!

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