Souci administratif au Costa Rica?

Vous saviez que nous n’avons pas le droit de rester plus de trois mois au Costa Rica? Pas besoin de demander un visa touristique à l’avance mais, c’est trois mois maximum. Nous partions avec nos billets de retour, je me disais que ça allait aller! Mais non, notre retour étant prévu pour dans dix mois, ça n’allait pas.

Nous savions que nous allions devoir sortir du pays dans trois mois. Nous voulons rester légaux au Costa Rica, nous sommes donc conscients qu’il faudra faire ce qu’on appelle un « border run » dans le langage voyageur : se rendre à la frontière du pays, en sortir (quelques heures ou quelques jours, selon les exigences) pour mieux en revenir et obtenir à nouveau un visa touristique. Au Costa Rica, ce visa est d’une durée maximale de trois mois, au Panama, c’est six mois. J’en tiendrai compte la prochaine fois que nous avons une destination à choisir.

Mais, nous serons près de la frontière panaméenne alors ce ne sera pas un gros voyage à entreprendre. Le défi donc, consiste à prouver nos intentions : oui oui, on sortira du pays trois mois après notre arrivée.

Panique la veille de notre départ
Nous étions chez la charmante famille qui héberge notre Bertha (motorisé) durant notre absence puis, je réalise ma bévue grâce à un commentaire sur Facebook dans un groupe où je demandais le meilleur moyen pour nous rendre à notre destination finale. « Vous avez pensé à votre moyen de sortir du pays dans trois mois? » Cette personne a dû en subir les conséquences elle aussi…

Première solution
Je me dis «  Pas de soucis! Je vais traficoter nos billets de retour pour dire que la date de retour est en novembre! » Aussitôt dit, aussitôt fait. Pour ceux qui me connaissent, vous savez que modifier un document PDF est dans mes cordes 😉

Mais le doute subsiste : et s’ils vérifiaient?
Non maman, ce n’est pas légal.

Je me renseigne un peu plus auprès d’une famille qui a habité six ans au Costa Rica. Une autre famille charmante j’en suis sûre mais que je ne connais que virtuellement : les Bizoulis. Elle l’a déjà fait aussi mais c’est maintenant plus surveillé et c’est souvent la compagnie aérienne qui en a la responsabilité puisque, selon ses informations,  c’est la même compagnie qui assurerait votre retour dans votre pays d’origine si vous vous voyez refuser l’entrée dans votre pays de destination.

Hum… passer un billet d’avion modifié avec une fausse date sous le nez de la compagnie aérienne? Je ne pense pas non.

Deuxième solution
FlyOnward me dit Julie (non je ne vous mets pas le lien, vous verrez pourquoi plus bas!)! Il s’agit d’un service qui te loue des billets d’avion pour 24h pour prouver que tu sortiras bel et bien du pays. Ils annulent ensuite le billet qu’ils ont acheté pour toi et, le tour est joué. (Une autre solution consiste à acheter toi même des billets remboursables et tu demandes ensuite le remboursement 24h plus tard : je préfère de loin utiliser leur service pour 10$ US par personne et qu’ils s’en occupent pour moi! Pas de stress de devoir faire cette annulation après une journée complète dans un avion…)

Julie et les 4 autres membres de sa famille ont souvent dû faire un « border run » durant leur six années costariciennes avant que les autorités leur disent : « Ok, ça va faire, on se rend bien compte que vous n’êtes pas des touristes. Faites votre demande de résidence. »  Ils ont donc obtempéré et envoyé leur demande de résidence suite à cette requête (et c’est assez complexe, avec avocat sur le dossier et tout). Mais le plus drôle, c’est qu’ils habitent maintenant au Québec! De retour dans la belle province pendant que le Costa Rica se demande encore s’ils leur permettent de devenir résidents ou non. 😉

Bref, ils sont souvent arrivés au Costa Rica avec des billets sans date de retour et ont souvent utilisé FlyOnward pour prouver leur départ dans les trois mois suivants.
Oui, c’est légal maman!

Je m’inscris donc à ce service 12 heures seulement avant notre départ pour le Costa Rica puisque les billets doivent être valides à notre départ de Dorval et, idéalement, à notre arrivée à San Jose! Puis, j’attends. Je devrais normalement recevoir nos quatre « billets » d’avion par courriel. J’en reçois deux : pour Alex et moi. Yé, ça marche! Nous « partirons » à Orlando le 22 novembre… puis, j’attends. Les billets pour les enfants vont bien finir par arriver que je me dis! Trente minutes plus tard, toujours rien. Je décide d’écrire à la compagnie : je me suis bien assurée d’être dans leurs heures d’ouverture (ils sont en Asie alors il faut faire gaffe et bien vérifier les fuseaux horaire!). Je cherche un moyen de les contacter directement : AUCUN. Je veux les appeler : AUCUN numéro. Par contre, en faisant cette recherche, je tombe sur plusieurs commentaires d’anciens clients disant que leurs billets ne sont jamais arrivés! Ho là là.

Soixante minutes plus tard, je me rends bien compte que je ne recevrai jamais les billets pour les enfants 🙁
Comment prouver qu’ils sortiront aussi du pays, sans nous, à 6 et 8 ans???

Il est 23h, je commence à paniquer. J’ai sommeil. Il ne reste presque plus de papier dans l’imprimante maintenant (nous avions 6 feuilles en tout pour nos 4 billets d’avion!) et notre papier (qui sert aussi à dessiner) est loin dans nos valises qui sont déjà rangées dans le coffre de la voiture.

Troisième solution
Pas le choix, je décide de nous acheter des billets d’autobus vers une ville au Panama. Mais c’était oublier où nous partions. Acheter des billets d’autobus en ligne pour l’Amérique latine? Vous avez déjà essayé? Pas évident!

Je trouve finalement une compagnie qui offre l’option d’achat en ligne!! Connaissant cette problématique pour les voyageurs long terme, c’est probablement une fausse compagnie que je me dis… ils nous demandent même nos numéros de passeport ce que la compagnie aérienne ne demande même pas. (Sur le coup, j’ai aussi commencé à douter de l’authenticité de nos billets d’avion mais je n’ai pas cédé à la panique trop longtemps!). Le site bogue plusieurs fois en plus, je dois donc recommencer plus d’une fois à entrer toutes nos informations. Sur le bord des larmes, je me dis que je n’y arriverai jamais!!!

Après ce long processus, je réussis à imprimer nos billets! FIOU! Et j’ai assez eu de papier! Quel suspense! 😉
Mais ce n’est pas fini… on ne saura que le lendemain si notre solution fonctionne ou s’il s’agit d’une fausse compagnie de transport dont les douaniers sont au courant!

J’ai eu le sommeil léger, disons.

À Dorval
Vous savez le plus beau dans l’histoire de ce départ?
À 72 heures de notre départ, nous avons trouvé un nouvel emplacement pour notre motorisé via Facebook : une lectrice de Zenroots qui nous avait trouvé par TaTribu.com! Puis, à 12 heures de notre départ, nous avons rencontré cette famille si généreuse qui nous offrait même le transport vers l’aéroport! Au petit matin! T’sé, quand l’Univers s’y met…

(Concernant l’emplacement du motorisé, et pour faire une parenthèse courte sur cette histoire, nous n’avions pas pensé à la neige qui aurait menacée de s’écrouler du toit de la grange où nous pensions le laisser durant nos dix mois d’absence. Le poids de la neige aurait bien pu faire s’écrouler notre mini-maison alors, pas question! Changement de plan dernière minute. Un peu stressant quand même.)

6h du matin. Nous sommes dans la file d’attente. Suspense… est-ce que nos billets d’autobus seront suffisants??

Selfie de bonheur 🙂 Malgré mon petit stress (toujours présent quand je passe des douanes, etc.!)

Comme on s’y attendait, l’agent au guichet regarde nos billets d’avion. «  Oh mais vous revenez dans dix mois! Ça ne marche pas! » Oui mais j’ai acheté ces billets d’autobus parce qu’on ira ensuite au Panama… il ne m’entend pas, ou ne m’écoute pas. Graaaaande respiration. Il part chercher une collègue qui assiste déjà un autre passager. On attend.

Elle arrive finalement. « Ils reviennent dans dix mois mais c’est écrit, dit l’agent en regardant fixement son écran, qu’ils ne peuvent pas rester plus que trois! » J’insiste encore : « Je sais mais nous avons ces billets d’autobus, on ira visiter le Panama en novembre. » L’agente regarde son collègue « Ah ben c’est correct alors. » Elle repart, sans même jeter un coup d’oeil à mes feuilles imprimées à la sueur de mon front stressé il y a moins de 6 heures et qui nous ont quand même coûté 150$ US!

J’aurais finalement pu les trafiquer ces billets. Maintenant que je sais à quoi ils ressemblent… je vais garder le pdf et j’en ferai bon usage si l’occasion se représente 😉

Non maman, ce ne sera pas légal mais ils ne pourront pas entrer dans le système informatique de la compagnie de bus alors…

Notre arrivée
Le reste de la journée s’est passée sans anicroche, sans stress.

Oui, tout ça de bagages. Moi qui aurait bien voulu ne partir qu’avec quatre valises « carry-on » 😉

À part ces valises trop lourdes que nous n’avons pas pensé peser avant le départ! Erreur de débutant que j’aurais bien pu nous sauver : on a pensé au début de notre faisage de valises à les peser mais pas à la fin. Go figure. Achat à la hâte d’un grand sac, on défait les trois valises fautives (TROIS, oui trois!) sur le plancher de l’aéroport, on rebalance le poids. Heureusement, le poids total était ok, avec quatre billets d’avion, ça en fait du poids de bagage, mais il était mal réparti. Soit. 20$ plus tard, valises refaites, on repart vers le guichet de Copa Airlines. On passe devant tout le monde. Oui mesdames et messieurs outrés dans la file d’attente, nous avons déjà attendu, on n’attend pas une deuxième fois.

Tout est beau cette fois-ci, on a fait ça comme des chefs bagagistes. Leçon apprise, 100% sûr.

Tout se passe bien dans l’avion. J’ai une conversation intéressante avec ma voisine qui s’en va au Pérou : elle y amène des jeunes québécois participant à un programme d’échange dans leur école secondaire dans le coin de Sherbrooke. J’ai retenu le nom de l’école… t’sé… on sait jamais!

Je confirme que je préfère voler que rouler ou naviguer. C’est la vie, j’aime ça quand ça bouge vite. Tu es à Montréal et hop! 6 heures plus tard, tu es à Panama City.

Oui, on fait un détour au Panama avant de reprendre l’avion vers San Jose, Costa Rica. Go figure. Ce vol avec détour était moins cher qu’un vol direct vers San Jose. Bah, ce n’est que 1 heure de vol + un petit 90 minutes d’attente. On se fait dire que ce n’est pas cher à l’aéroport du Panama par un québécois qui y habite depuis plusieurs années, alors on se dit qu’on profitera de l’attente pour magasiner un peu! Je ne sais pas si on n’a pas trouvé le bon magasin mais 60$ US pour un ensemble Lego qui vaut gros max 15$ au Canada, ça ne m’apparaît pas comme un bon deal. Bon ok, c’est un produit d’importation… allons voir ailleurs si les deals y sont. 7,50$ US une boîte de biscuit au chocolat. On n’a rien acheté.

Au lieu d’acheter des trucs trop chers, on a joué à Dixit dans l’attente!

J’ai tout de même aimé être à Panama City : j’ai eu la chanson Paradis City en tête tout le long. Je reviendrai Panama!

San Jose
Est-ce ici que nous aurons un problème avec nos billets d’avion de retour dans dix mois?
Non. Le douanier ne m’a rien demandé du tout.

J’achète une carte SIM pour mon téléphone, comme recommandé. Je prends de la monnaie locale : environ 500 colones = 1 dollar, pour faire ça simple. C’est drôle de parler en milliers : 20 000 colones que le taxi vers l’hôtel nous a coûté.

L’aéroport est à Alajuela, ça devrait nous prendre trente minutes… j’avais oublié qu’il y a du traffic à 17h dans une ville. Dans le taxi pris dans le traffic, je me remets à l’espagnol. Le chauffeur est super sympathique. Alex me suggère de lui demander s’il connaît un autre moyen de transport que l’autobus que nous devrions prendre le lendemain pour nous rendre à notre destination finale. Il nous offre ses services pour la journée pour 350$ US. C’est la meilleure offre privée que j’ai eu à date, j’avais pris le temps de demander à certaines compagnies de transport et c’était toujours autour de 600$ US.

C’est attirant…
Nous pourrions arrêter pour nous rendre aux toilettes si le besoin se fait sentir, dîner ou aller à l’épicerie pendant qu’il nous attend. Hum…

Je lui offre 200$ US. Ça joue dur. Il nous revient avec un prix de 280$ : adjugé!

On n’aurait finalement pas besoin d’aller à cet hôtel en plein milieu de la ville de San Jose puisque nous l’avions réservé pour être près du terminus de bus! Dans le traffic pour rien… mais on a déjà payé pour notre nuit.

Il nous rejoint le lendemain à 8h, comme prévu. S’ensuit une belle journée dans le confort d’une voiture à parler espagnol (pour moi) et à regarder dehors les ravages sur la route à cause de la pluie torrentielle qu’il y a eu quelques jours avant. Le volcan Poàs est en irruption ce jour-là et les avions ne pourront peut-être pas atterrir ou décoller une bonne partie de la journée…

Bien contente d’être déjà sur place 🙂
Finalement, aucun souci pour notre arrivée au Costa Rica.
¡Pura Vida!

13 réflexions sur “Souci administratif au Costa Rica?

  1. Tout un chapitre de fermé ! Je termine cette lecture toute étourdie hihihi ! Il s’en est passé des choses en peu de temps. Alors maintenant profitez au maximun de la chaleur, de l’eau et de tous ces fruits si délicieux dans ces pays du sud.

    • Hhahahah!! étourdie, oui! J’en reparlais justement avec Alex, on se disait que j’avais ben d’la misère à être zen dans certaines situations 😉 Comme quand on doit s’enregistrer pour l’avion ET à passer des frontières, deux situations propices à me faire sortir le zen de moi alors, deux dans une… ouf!. Je vais m’habituer… je suppose!!

  2. Bonjour,
    Je découvre votre site avec grand plaisir. Nous sommes de grands voyageurs et souhaitons repartir avec nos enfants. La question est si nous entrons au Costa Rica avec notre propre véhicule pour y rester une année, devrons-nous impérativement ressortir tous les 3 mois avec notre véhicule ? Ou pourrons-nous seulement sortir les 4 quelques heures mais sans le véhicule (pour éviter les démarches administratives à la douane).
    Si vous avez cette info, ça serait super.
    Belle suite dans vos aventures et au plaisir de lire la suite 😉

    • Bonjour Valérie!
      Je m’étais déjà informée et on peut garder un véhicule seulement trois mois au Costa Rica sans payer les frais d’importation. Je crois que c’est trois mois par année mais ça, je n’en suis pas certaine. Les frais d’importation sont très élevés : 100% de la valeur. Donc, si dans leur livre, ton véhicule vaut 8 000$, tu paies 8 000$ en taxes. Ça ne vaut pas vraiment la peine malheureusement…
      Si tu deviens résidente par contre, tu peux apporter ton véhicule sans frais d’importation mais encore là, il y a des frais à devenir résident 😉
      Désolée que ce ne soit une belle nouvelle!!!

      • Aïe ! Je vais approfondir la question. Car on imaginait arriver avec notre véhicule (on pensait visiter le Canada, les Etats-Unis, le Mexique, etc) avant de rester un peu plus longtemps au Costa Rica. Et je pensais que c’était comme pour nous. Qu’il suffisait de sortir avec le véhicule et qu’on pouvait rentrer à nouveau dans le pays après avoir passé quelques jours (par exemple au Panama). Donc si on a droit qu’à une entrée de 3 mois en 1 année … on est mal !
        Merci pour les infos 😉

        • Ouin… ça complique!
          C’est vrai que c’est dommage. Et au Panama, tu as le droit de conduire pour 3 mois sur ton visa de 6 mois alors t’sé… ça n’aide pas tellement!
          Bonne planif!

        • C’est simple au Mexique! Le véhicule a un permis de 10 ans. Toi, tu dois sortir après 6 mois mais ton véhicule peut rester 🙂

  3. Salut

    Je suis déjà devenu «addict» de votre site. Mélissa tu es tellement une bonne raconteuse, Je trouve votre aventure fantastique depuis que vous avez décidé la nomadité. Quelle extraordinaire expérience qui vous permet de savourer chaque instant présent. Bonne continuité et merci

  4. un truc la prochaine fois ( ça marche pour nous entk ) prendre un billet d’avion avec escale en Floride en changement de cie aerienne pour la portion Floride Panama… ( spririt airline de preference ) Nous ne nous sommes jamais fait poser de question sur la longueur de notre séjour… Nous avions qu’un billet aller simple la derniere fois 😉

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