Tout un cadeau!

Lors de nos dernières journées à Padre Island avec toutes les familles québécoises, nous avons décidé de ne pas les suivre au Mexique. Nous hésitions depuis un bon moment! Ho la la que j’ai découvert qu’avoir une multitude de choix ne m’aide pas du tout à être zen! J’aime savoir où je m’en vais, j’aime m’informer avant d’y aller et j’aime garder le focus. Alors, notre indécision m’a fait « rusher » jusqu’à la dernière minute.

Alors voilà, nous ne sommes pas partis au Mexique. Un autre projet nous appelait. J’ai retourné la question dans tous les sens, j’ai fait la liste des plus et des moins. Alex était ferme sur un point : j’avais des étoiles dans les yeux quand je parlais de partir en voilier.

J’ai donc été trahie par mes étoiles dans les yeux.  Oui, trahie parce que ça me fait peur partir en bateau. C’est excitant… mais épeurant.

« Si vos rêves ne vous font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands. » – Mike Horn

– Je n’ai jamais fait ça, moi, de la voile!
– Moi non plus.
– Ça ne me rassure pas tellement ça Alex!
– On va apprendre!
– …
– J’ai déjà lu plein de livres sur le sujet!
– On apprend pas à faire de la voile avec des livres!
– Ok ok mais on va se pratiquer dans les Keys. Faire des petites sorties, un pas à la fois.
– Oui mais si on a le mal de mer?
– On va s’acheter un catamaran, c’est plus stable.
– Tu as vu les prix des catamarans?
– C’est vrai que c’est cher…

Nous avons donc regardé les monocoques, question de prix, malgré le mal de mer. Un monocoque tout équipé pour 10 000$ ou 15 000$ US, j’en ai trouvé. Un très beau en plus et assez gros pour qu’il soit possible de traverser des océans… on ne sait jamais où le vent nous portera après tout. Nous avions donc pris la décision d’aller les voir. Tous les deux étaient en Floride. Nous étions prêts à s’embarquer pour un bon 30 heures de route. Les enfants étaient prêts aussi. Excités à l’idée de voyager sur l’eau.

Nous passions un dernier après-midi avec les familles. Pendant que les enfants s’amusaient bien ensemble, je tentais pour la Xe fois d’entrer en communication avec le propriétaire du Mistress, un monocoque avec lequel je suis tombée en amour. Ah well… encore une fois, aucune nouvelle du propriétaire et aucun moyen d’entrer en communication directement avec lui.

C’est là que la magie de l’Univers a opéré. Ou la magie des réseaux sociaux, c’est selon. Un catamaran vraiment pas cher est apparu : Iroquois 1971 pour les connaisseurs. Petit, en manque flagrant de bons soins mais abordable. Un bateau parfait pour notre petite famille : 4 chambres dont deux doubles (bon c’est un double serré mais nous y arriverons), facile à manier selon sa réputation. Un catamaran peut se rendre à des endroits où il y a beaucoup moins d’eau puisqu’il est moins profond qu’un monocoque : le tirant d’eau de ce catamaran est de 18’’ (contrairement au Mistress qui a un tirant d’eau de 4.5′, par exemple).

Ce qui veut dire que nous pourrions nous rendre… partout! Partout, partout, partout… où il y a de l’eau. Un catamaran peut même se « beacher » pour reprendre l’expression anglaise : se rendre directement sur la plage. Avec des enfants : parfait. Nous nous arrêtons à un endroit pour observer les poissons : ils ont de l’eau jusqu’à la taille. On veut aller sur la plage, allons-y avec le catamaran. Aucune idée si les plages des Caraïbes s’y prêtent souvent mais ce net avantage a frappé mon imaginaire de newby.

Je vous épargne notre liste de plus et de moins entre monocoques et catamarans et les débats sans fin entre les propriétaires de l’un et l’autre que nous avons lu ou entendu! Mais les principaux arguments pour l’achat d’un catamaran étaient bons pour nous.

Un défi de taille par contre : selon les photos, il a vraiment, mais vraiment, besoin d’amour. Un peu normal pour un bateau plus vieux que moi. Si vous connaissez Alex, vous savez que ce n’est rien pour le décourager. Moi… ouf… pas si sûre. Nous décidons tout de même d’aller le voir.

Nous sommes tout au sud du Texas (regardez sur notre itinéraire!) et nous devons nous rendre tout au sud de la Floride dans les Keys.  Il y a beaucoup d’intérêt pour le catamaran. Un catamaran à si bon prix ne reste jamais très longtemps sur le marché. Nous ne pourrons pas prendre notre temps sur la route comme nous pensions le faire, regardant les bateaux se trouvant sur notre chemin. Non, il faut s’activer. Nous décidons non seulement d’aller le voir au plus vite mais, en plus, de faire un dépôt de 500$ pour le réserver en attendant que nous arrivions.

Faire la route rapidement, ça nous va. Faire la route rapidement pour rien parce que quelqu’un l’a déjà acheté, ça nous énerverait grandement alors voilà, le risque en valait la chandelle.

Nous nous arrêtons tout de même à Houston pour rencontrer Jim, qui a écrit des livres sur l’achat de bateau : Champagne Boating On a Beer Budget. Ça nous parle, pas la bière que je n’aime pas mais le petit budget, alors c’est une bonne personne à rencontrer! Nous préférons en effet naviguer tout en gardant un budget raisonnable. Ce qui semble difficile dans ce beau monde des propriétaires de bateaux rutilants. L’expérience nous le dira… nous avons un historique derrière nous prouvant que nous pouvons réussir à faire beaucoup avec peu de moyens!

Nous avons une belle rencontre et Léo en profite pour faire son premier portrait qui sera encadré chez Jim. En prime, il nous donne des voiles et une autre à aller porter chez une dame à Miami (ce n’est pas encore fait d’ailleurs… oups!) et quelques autres accessoires pour bateau.

La deuxième journée, nous passons du Texas à la Floride en traversant toute la Louisiane, le Mississippi et l’Alabama. Les enfants s’enfilent au moins 3 films durant la journée… ce n’est pas l’idéal mais nous achetons la paix pour le moment! La troisième journée, nous partons tôt le matin mais nous nous arrêtons à la ferme près de Gainesville où nous avons passé 5 semaines l’hiver dernier. Les enfants reprennent leurs aises assez rapidement. Sur le trampoline, la balançoire, dans le jardin, avec les poules… l’endroit a bien changé! Nous sommes contents de revoir Joseph et les enfants sont bien contents de voir les chiens même si leur préféré, Deamon, n’habite plus à la ferme. Ils sont déçus que nous repartions le jour même, en soirée : la route nous appelle encore. Nous descendrons jusqu’à Homestead, dernière ville avant d’embarquer sur la route 1 qui nous amènera aux Keys.

Nous nous réveillons tôt le lendemain : nous sommes fébriles à l’idée de voir enfin « notre » bateau! Près de 2 heures de route nous attendent encore. Nous nous rappelons que c’est beau les Keys avec son eau turquoise pendant que nous filons sur les ponts en enchaînant les petites iles jusqu’à Marathon.

Premier mot qui me vient en tête quand je repense à la première fois que j’ai vu notre bateau : déception. Il est pas mal plus beau sur photo qu’en vrai, même si ça paraissait qu’il avait besoin d’amour. Les photos ne rendent pas bien la négligence qu’il a subit ces derniers mois. De l’eau dans les cales, du bois pourri, une odeur de renfermé, voilà ce qui nous attendait. Pendant qu’Alex fait le tour de l’extérieur (c’est plus son domaine!), je m’assois à l’intérieur et je contemple l’étendu de la tache. Je suis déjà découragée sans même avoir commencé.

Évidemment, Alex revient emballé de sa visite de l’extérieur du bateau. C’est à son tour d’avoir des étoiles dans les yeux. « Un catamaran! On a enfin trouvé un catamaran à prix plus que raisonnable! »  Il faut aussi préciser que le vendeur du bateau a acheté une bonne partie de l’équipement pour lui refaire une jeunesse alors il ne nous reste plus qu’à y mettre du temps. Et un peu de sous quand même pour le rendre habitable : matelas, poêle, frigo, etc etc.

Mais du temps, surtout du temps. Ce qui ne m’emballe pas plus que ça mais Alex est convaincant. Nous décidons donc de l’acheter et, le jour même, c’est le gros ménage!

Quelques jours plus tard, nous devenons officiellement propriétaires en réussissant, après une journée d’intenses tractations monétaires (pas facile de retirer du comptant aux USA!!), à verser la balance du prix du bateau.

Nos deux maisons en mouvement.

Nous aimons être à la plage, voir les poissons et la nature environnante alors, nous nous sommes dit que notre place était sur un bateau. C’est ce qui reste à voir! Pour l’instant, au boulot les matelots!

Au boulot! Non mais vous avez vu sa ligne de bronzage?

Mais on prend une pause pour Noël 😉

Nous sommes présentement à Bahia Honda pour 5 nuits. Des campeurs ont annulé leur semaine de camping juste au bon moment pour me permettre de réserver à leur place 🙂 C’est un super cadeau puisque c’est ici que se trouvent les seules belles plages où il est possible de se baigner dans les Keys (à notre avis!).

Joyeux Noël à tous!

2 réflexions sur “Tout un cadeau!

  1. Quelle belle aventure excitante!! J’ai tellement hâte d’entendre la suite et de suivre vos périples. Je me retrouve énormément dans ce que tu dis : ça m’attire et ça me fait peur, les gros travaux, pas pour moi, faire beaucoup avec de petits moyens… rêver grand!! Bons vents, les amis!

    • J’ai bien hâte de voir où le vent nous mènera 😉 Il y a tellement d’inconnus pour le moment dans notre projet! Ah… laisser-aller.
      C’est bien inspirant de vous lire aussi!
      Merci Catherine!

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