Toutes les raisons sont bonnes…

On dirait que les astres s’alignent pour que nous ne quittions pas Bimini! L’Univers a dû prévoir autre chose pour nous…

Premièrement, comme j’en parlais ici, des plaques rouges me sont apparues sur tout le corps. Heureusement, elles ont fini par disparaître après quelques journées à m’absenter du soleil. Pas de plage pour moi. Je ne sais toujours pas si c’est une réaction au soleil ou non mais c’est ma meilleure théorie. Le soleil est très fort dans cette partie du monde au printemps et à l’été : indice UV de élevé à très fort. Il semble que ce soit possible que le corps réagisse durant ces premières semaines de printemps : 10 à 15% des gens seraient affectés. Je ne l’ai jamais été mais, qui sait, je n’ai jamais été à ces latitudes en mai non plus. Je me suis donc acheté un chandail avec protection UV (« rashgard« ) à manches longues et de la crème solaire FPS 50! Je n’aime pas mettre de crème solaire (qu’est-ce qui est plus cancérigène : le soleil ou les produits chimiques dans la crème???) mais vaut mieux prendre des précautions!

Nous attendions donc que ces plaques disparaissent. C’est chose faite. Entre notre lutte contre le courant, le mur de roches et mes plaques rouges, on profite tout de même de la vie…

Première prise de Charlotte!

Un yellowtail snapper. Et j’en profite pour vous montrer le mur de roches à l’arrière… celui-là même qui nous a donné toute une frousse.

C’est un souper ici. Pas mal de trouble à manger vu leur petite taille mais bons poissons! On va viser des plus gros la prochaine fois 😉 Nous avions cinq lane snapper, quatre grunts et un yellowtail snapper (tout en haut à droite).

Un méga-yatch qui a sûrement une facture mensuelle d’assurance plus chère que la valeur de notre catamaran! En fait, son ancre doit coûter le triple du coût de notre bateau. O.o Et vous voyez la proue là sur le côté droit? C’est le bateau argentin qui est définitivement trop près de nous!

Premier essai d’Alex pour un pain dans la casserole. Vraiment bon!

Ils sont allés à la plage, je suis allée marcher des protection et je suis ensuite restée bien sagement à l’ombre!

Après avoir eu une frousse du type « collision dans un mur de roche », nous ne perdons pas espoir de pouvoir partir dans la journée après avoir eu la confirmation que notre moteur principal fonctionnait encore (je vous rappelle qu’il ne partait plus le matin même, à lire ici!), Alex a heureusement réussi à le réparer, youppi! Pour faire un rapide résumé vu mes connaissances en mécanique assez limitée, le démarreur électrique ne faisait pas sa job parce qu’un interrupteur/protection faisait défaut (la patente qui s’assure que tu es bien au neutre avant de pouvoir partir le moteur), Alex l’a donc arraché. Oui, on peut dorénavant partir notre moteur même s’il est embrayé mais, au moins, on peut le partir! T’sé…

Réparation faite, on se dit qu’on va s’ancrer dans le nord de l’ile en soirée pour y passer la nuit et traverser le banc en même temps que notre ami argentin dès le lendemain matin, très tôt. Avant, il nous faut remplir les réservoirs d’essence et d’eau potable.

Le temps que Alex répare notre moteur principal, qu’on soupe et qu’on se prépare à naviguer, nous arrivons au dock où ils vendent de l’essence vers 19h… il est fermé et ouvre le lendemain à 7h. Zut. On est encore habitué au Walmart et stations d’essence ouverts 24h/24 on dirait bien. Il faut qu’on s’ajuste au Island Time (l’heure des iles).

Island Time bien conceptualisé ici. Ça nous a fait rire de la trouver sur la plage.

On peut rester au quai à essence pour la nuit moyennant 30$. On peut utiliser les douches et la piscine. Presque un deal.

Le hic? Notre bateau cogne toute la nuit contre les poteaux du quai. Mauvaise nuit pour Alex et moi, je me réveille à tout bout de champ en sursaut. Je suis de mauvais poil le lendemain matin et… courbaturée de partout. Mon corps fait apparemment encore des siennes.

Ma théorie la plus plausible est que j’ai dû utiliser ma force surhumaine en repoussant le bateau de notre ami qui fonçait sur le côté du nôtre et en tirant une corde d’ancre pour rapprocher notre catamaran de son point d’attache. Ou une grippe musculaire?? Deux jours après cet épisode, mon corps me fait toujours mal de partout… ?!

Je ne veux pas trop me l’avouer mais il semble que j’ai besoin d’une pause (encore!) et, comme si l’Univers l’avait compris, d’autres surprises nous attendaient qui allaient nous empêcher de traverser le Great Bahamas Bank. Ce n’est pas simple voyager en bateau, laissez-moi vous le dire!

7h le matin arrive donc avec mon corps qui me fait mal et l’ouverture du poste à essence. Ce sont des employés qui se sont apparemment eux-aussi levés du mauvais pied qui nous accueillent (est-ce que leur maison a cogné toute la nuit contre des ?@?#@$ de poteaux??).  On remplit l’essence, ça va plutôt bien. Avec 200$ US de moins en poche (155$ d’essence (4,53$ le gallon), 30$ la nuit (1$ le pied) et 15$ de frais et taxe dont un 5% de frais pour l’utilisation d’une carte de crédit… ok, on va traîner du cash sur nous dorénavant), nous demandons pour remplir maintenant nos réservoirs d’eau.

La bonne nouvelle, c’est que c’est tout près du quai où nous sommes attachés. Deux mauvaises nouvelles : ça ouvre à 8h30 et il faut bouger parce qu’ils ne peuvent pas servir d’essence à d’autres clients si on y reste. Ça fait du sens. Mais en payant 30$, j’avoue que je m’imaginais rester là le temps de remplir nos réservoirs d’eau. Rien à faire, ils n’ont pas un autre « slip » pouvant nous accueillir, il faut bouger. GRRrrrr.

On va donc s’ancrer là où le courant devient une rivière mais le vent est faible alors c’est beaucoup plus tranquille maintenant.  On tente aussi d’aviser notre ami qu’on ne pourra définitivement pas partir tôt pour la traversée du banc mais impossible de le rejoindre. Il est peut-être parti sans nous attendre malgré le vent de l’ouest qui fait beaucoup de vagues à la sortie du canal. Ça nous étonne qu’il soit tout de même parti. Nous espérons le croiser à nouveau! Bien gentil malgré qu’il ne sait pas comment bien s’ancrer! Nous sommes conciliants puisque nous apprenons nous aussi. 😉

8h30. On embarque nos bidons d’eau dans le dinghy, toute la famille embarque aussi puis pouet pouet pouet. C’est autour de notre vieux moteur deux temps de faire des siennes. Il roule 30-60 secondes puis s’éteint.

Arfff!
J’ai définitivement besoin de vacances.

On va quand même sur terre, on a tous besoin de sentir la terre ferme. On s’y rend donc en « pirogue » : Alex pousse la rame dans le fond marin (très peu profond) pour faire avancer le dinghy. On visite la pointe rocheuse de l’ile. Le vent de l’ouest est fort et c’est ce qu’on voulait venir voir. Ce n’est définitivement pas tentant de sortir du canal avec ces vagues qui se fracassent à grande allure! Heureusement, le vent change au courant de l’après-midi. Réussirons-nous à partir??

Je marche traaaaanquillement, chaque pas est un effort. Je me sens comme une petite vieille. Puis, l’ile est apparemment plus grande que nous le pensions et notre marche jusqu’au bout nous prend plus de temps que prévu (et ce n’est pas seulement à cause de ma lenteur!!!). N’oublions pas que nous avons des bidons à remplir et… TADAM… un moteur à réparer pour la deuxième journée de suite. Je le précise pour ceux, comme moi à ce moment-là, qui l’aurait oublié.

Après une sieste, Alex s’attaque à notre viejito, notre moteur deux temps. Enlève le carburateur, nettoie le carburateur, remet le carburateur, marche pas plus. Enlève le carburateur, enlève encore plus de parties du carburateur, observe toutes les pièces et les trous, nettoie toutes les pièces et les trous, applique de la graisse sur les gaskets, ça marche!

Il est 17h30. J’allume. Island Time. Check ben ça Alex, la tite madame pour l’eau va être fermé. J’appelle à la marina. Yes m’mam, it’s closed. Nous sommes samedi, demain dimanche. J’allume. Is it open tomorrow? No m’mam, it’s closed. J’ai peine à croire que tout le monde sur cette ile n’a aucun moyen d’obtenir de l’eau potable ni après 17h le soir, ni le dimanche!!!

Bon. Je respire par le nez. Ça l’air que c’est ça qui est ça. Je bouille mais je respire par le nez et (presque) aucun gros mot ne sort de ma bouche devant les oreilles délicates de mes enfants. Mon corps a besoin d’une pause, l’Univers l’a compris (même si moi j’en aurais pris une moins longue…). Le lendemain dimanche sera donc jour de repos.

Je vois le bon côté des choses : on en profitera pour aller voir la Sapona pendant que le vent est calme. Calme comme dans exactement parfait pour traverser le Great Bahamas Bank. Je respire par le nez. Je regarde les prévisions météo. Quand la petite madame de l’eau potable sera derrière son comptoir lundi, la météo ne sera plus parfaite pour traverser selon les prévisions du moment. Je respire par le nez.

J’apprends. Vaut mieux en rire tout de suite puisque je sais que j’en rirai plus tard. Ça ne marche pas trop trop. Mais j’essaie.

Le lendemain après-midi, quand le soleil n’est plus au zénith, nous partons vers la Sapona, cette épave échouée depuis une bonne cinquantaine d’année à environ 5 miles nautiques de là. J’ai vraiment envie de me remplir les yeux de beau, de voir du nouveau, de découvrir quelque chose, de vivre une nouvelle expérience. Moi, qui est toute courbaturée (oui, encore!), je suis prête à faire l’effort, à sortir de ma paresse et de ma douleur pour aller mettre le doigt sur une des raisons pour laquelle je suis là à me faire $?@$@? avec un criss de bateau.

Je dois convaincre un peu ma tribu… je sais que c’est du trouble lever les ancres et se préparer à partir et tout le bataclan mais, let’s go, on y va. Je suis intraitable. L’ancre lève-la, comme dit Alfa Rococo! Léo est vraiment motivé, ce qui motive Charlotte, ce qui motive Alex.

On se met donc en branle… ça augure bien : Léo voit un requin nourrice qui tourne autour de notre bateau! Notre première fois ici.

On se met donc en branle vers le sud, sans savoir c’est quand qu’on va ira vers l’Est pour le traverser ce fameux Great Bahamas Bank. Aujourd’hui, après avoir rempli nos bidons?

En route! Puis oui, je lui ai remis son harnais correctement après avoir pris la photos!!! O.o

Une raie. C’est elle qui a convaincu Charlotte de venir à l’intérieur du bateau! Merci magnifique raie. Elle est restée là tout le long de notre snorkelling, j’aurais bien aimé la voir bouger!

Charlotte était un peu intimidée par l’épave. Elle combat vraiment ses peurs ces derniers temps : elle enlève maintenant ses flotteurs pour quelques minutes, nage avec son masque qu’elle garde bien en place, regarde dans l’eau! Je me demandais si elle viendrait nager avec nous… elle est venue dans l’eau malgré ses craintes, j’étais super fière d’elle. Elle est restée à l’extérieur de Sapona, près des parois, pendant une bonne quinzaine de minutes à observer tout autour. Nous acceptons son rythme. C’est vrai qu’il y a quelque chose d’épeurant dans une épave. Puis, je lui ai parlé de la belle raie, elle avait maintenant un objectif. Viens-tu la voir avec moi Charlotte? Oui! 🙂

Toujours partant notre grand garçon téméraire! Avec ses palmes, il aurait fait du snorkelling sans veste de flottaison lui. Ne lui dites pas mais j’étais (presque) contente qu’une de ses palmes ait perdu une attache et qu’il ne puisse pas les mettre… oups. Du coup, j’ai eu moins de difficulté à le convaincre de mettre sa veste. Ce n’est pas que pour ma fille que c’est intimidant une épave de bateau! La maman aussi combat des craintes. 😉

Sapona et la quasi pleine lune. C’est aussi pour de belles découvertes et de beaux moments comme ceux-là que nous continuons. Il faut que nous en ayons plus plus plus pour supporter le désagréable de notre mode de voyage! Disons que la courbe de nos apprentissages est très pentue.

4 réflexions sur “Toutes les raisons sont bonnes…

  1. Merci de partager tes états d’âme. Ça nous montre le côté réaliste de ce genre de voyage. Dans la vie, que tu sois sur terre ferme ou sur l’eau, tout n’est pas toujours rose. Comme tu dis, le projet en lui-même en vaut la chandelle par tant de beauté. J’espère que l’énergie reviendra et que les courbatures disparaîtront pour de bon. Bref, que la santé soit meilleure. Bisous à vous tous.

    • Oui, je n’aime pas montrer que le beau et cacher la vérité. Même si c’est peut-être ce que certaines personnes préfèrent lire tout compte fait. 😛
      Contente que ce ne soit pas ton cas! Je ne me sens pas malhonnête comme ça 😉
      Et merci pour les bons mots!!!

  2. Les habitudes « Island Time » vont vite devenir une seconde nature. C’est le début du projet qui est dur car on est JAMAIS dans notre zone de confort. De notre côté, nous étions toujours étonnés par la courbe d’apprentissage au début (qu’on aurait préféré un peu moins raide). Maintenant, c’est du bonbons 🙂

    • Merci des encouragements! J’apprécie vraiment. Vous êtes passés par là alors je me dis que, comme vous, on va s’habituer.

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