Volcán, Panama

Après notre départ de ce que nous appelons maintenant affectueusement notre « prison avec fleurs » (voir l’article concernant notre gardiennage de maison de 4 mois au Costa Rica), nous avons passé la frontière entre le Costa Rica et le Panama pour la deuxième fois à Paso Canoas. J’ai appris de notre premier passage : je n’allais pas oublier de documents ni d’étapes cette fois-ci! Effectivement, tout s’est bien passé de ce côté… mais une toute autre complication nous attendait!

Nous nous rendions chez une dame ayant un refuge pour animaux à Volcán.  C’était un beau cadeau de Noël que nous nous offrions : nous allions pouvoir nourrir des singes hurleurs, des paresseux, des coatimundis, un jaguar… heu non, celui-ci on n’allait pas le nourrir, seulement l’observer, et de loin, ce sera suffisant thank you very much.

La dame avait proposé de venir nous chercher à la frontière pour un coût minime. Super  pratique : elle viendrait nous prendre directement du côté du Costa Rica pour un transfert facile de nos valises de taxi à taxi. Elle a toutefois oublié de laisser ses singes à son refuge. Elle n’a pas pensé que le Costa Rica est beaucoup plus strict concernant la possession d’animaux sauvages.

En sortant de notre taxi costaricien, nous avons donc traîné nos bagages jusqu’à l’endroit où elle nous attendait : le poste de police. Deux policiers l’avaient abordée concernant ses deux singes en couche qu’elle portait SUR sa tête. « Accompagnez-nous au poste svp. » Elle avait bien une petite idée de ce qui attendait ses singes. Nous lui avons tenu compagnie une petite heure, laissant ses singes de 14 mois s’amuser sur nous.

Nous sommes allés diner, nos bébés singes à nous réclamant leur dû. Elle est venue nous rejoindre 30 minutes plus tard au resto… sans ses singes. Les responsables du ministère costaricien les ont amenés dans un refuge à Golfito au Costa Rica, près de où nous étions quelques heures plus tôt.

Et voilà, les singes seront transporté dans une cage et resteront au Costa Rica. Photo prise à partir d’un vidéo apparaissant sur le site d’une chaine télévisée costaricienne.

Elle était dans tous ses états, elle nous en a parlé à tous les jours durant notre semaine chez elle (elle s’en parlait aussi à elle-même d’ailleurs), elle contactait tous les gens possibles. Depuis 13 mois qu’elle partageait sa vie avec ces deux petits bébés presque 24h sur 24. Elle dormait avec eux. Comme de petits bébés, ils la réveillaient la nuit pour qu’elle s’occupe d’eux. Comme de petits bébés, ils avaient besoin d’elle pour se nourrir. Je me sentais un brin coupable puisque c’est en venant nous chercher qu’elle en a perdu la garde. D’un autre côté, comme une américaine rencontrée au marché fermier de Volcan nous a dit : « It’s a stupid mistake » (Une erreur stupide.), c’est su et connu que le Costa Rica est strict concernant la possession d’animaux sauvages. Toutefois, nous l’avons réconforté autant que nous le pouvions…

Mais, pour dire toute la vérité, vérité que je ne lui ai pas dit à elle (et vous vous doutez probablement de ce que je vais écrire si vous lisez ce blog depuis un moment), je suis plutôt d’accord avec le Costa Rica. À mon sens, tout bon refuge pour animaux devrait libérer les animaux lorsqu’ils sont prêts, dans la mesure du possible! J’ai découvert chez elle que ce n’était pas le cas. Les bêtes qu’elle a chez elle sont ses animaux de compagnie. Ce n’était pas un refuge, c’était un zoo. Est-ce la meilleure place pour des animaux sauvages? Non. Pas s’ils peuvent vivre par eux-mêmes dans la nature du moins. Elle n’a pas appris aux deux petits singes à se nourrir seuls. Ils ont besoin d’elle. Mais est-ce la bonne chose à faire pour eux qui ont perdu leur véritable maman si petits?

Nous étions bien déçus que notre semaine à nous occuper des animaux commence aussi mal. C’est quand même une semaine à 500$! Un genre de cadeaux de Noël pour toute la famille. Bien sûr que j’aurais voulu tenter cette expérience! Bien sûr que j’aurais voulu apprendre d’une habituée comment bien nous occuper d’animaux sauvages dans le but de les rendre autonome. Idéalement, j’aurais surtout voulu participer à leur remise en liberté. Mais, en tentant de la réconforter et aussi de la raisonner, je lui ai demandé : « Tu leur aurais rendu la liberté lorsqu’ils auraient été prêts de toute façon, non? »…. sa réponse « probably not » m’a peu étonnée mais, en tout cas, je n’ai plus eu de doute quant à ses intentions réelles.

Le Panama n’est pas prêt de changer ses lois pour l’obliger à remettre en liberté les animaux qu’elle accueille, à être un véritable refuge. Au moment d’écrire ces lignes, elle a reçu un nouveau bébé singe ayant perdu sa maman et elle espère encore revoir ses deux autres singes avec l’aide du ministère de l’environnement panaméen…

Un de ses paresseux dans un arbre sur sa propriété.

Ses deux paresseux sont chez elle depuis 7-8 ans. Je n’ai pas osé lui demander pourquoi elle ne pouvait pas les remettre en liberté…

Le jaguar lui, c’est une autre histoire. Capturé lorsqu’il était tout bébé, probablement séparé de sa maman (elle a été tuée ou il s’est perdu?), il n’a jamais appris à chasser. En captivité depuis 15 ans, il est trop habitué aux hommes pour être relâché. Il est dans son refuge depuis 3 ans. Son propriétaire a été poursuivi en justice : soit il amenait Rosco dans un refuge, soit il faisait 8 ans de prison. Le choix est assez simple à faire. C’est encore lui qui lui apporte de la bouffe aux 3-4 jours. Quand nous y étions, il a dévoré un chien qui s’était fait frappé… :/

Pour les autres pensionnaires, je ne sais pas s’ils pourraient être remis en liberté ou non. Un jaguarundi (chat sauvage), plusieurs coatimundis, un raton, un tayra, un kinkajou… Certains étaient des animaux domestiques dont les propriétaires, tannés, se sont débarrassés. C’est une décision à long terme prendre un animal sous son aile! Il faut y réfléchir… d’autant plus si ce sont des animaux sauvages.

Bon en tout cas, malgré cette déception des singes absents et d’un refuge qui n’en est pas vraiment un, nous avons bien aimé notre semaine à Volcàn, dans les montagnes près de Boquete à vol d’oiseau puisque le village se trouve de l’autre côté du Volcan Baru.

Voici notre semaine en photos!

Visite à Sitio Barriles
Un site archéologique occupé entre 500 et 900  AD. Les archéologues ont pu y déterrer des statues, des poteries, des outils faits en pierre,… mais notre coup de coeur a été les sentiers aménagés pour nous permettre de nous promener dans la jungle.
(Cliquez sur les photos pour les voir en plus grand format et lire les commentaires sous la plupart d’entre elles.)

Promenades dans les montagnes environnantes

Promenades dans Volcan

Nous avons beaucoup aimé nous promener dans la vallée et ce petit village entouré de montagnes.

Refuge

Quand même de beaux moments et de belles découvertes au refuge!

D’autres nouvelles bientôt de notre séjour d’une semaine à La Concepción et une autre à Boquete! Nous sommes présentement à Bocas del toro pour cinq semaines. Changement de décor : partir des montagnes pour revenir près de la mer côté Atlantique.

À suivre…

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